Dans un communiqué officiel publié ce mercredi 6 août 2025, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a annoncé la fin de la levée de fonds initiée en soutien à la campagne électorale de Maurice Kamto, dont la candidature à l’élection présidentielle du 12 octobre prochain a été rejetée par le Conseil constitutionnel.
Le document, signé par le Dr Appollinaire Legrand Oko, trésorier national par intérim du parti, revient sur les circonstances ayant conduit à cette décision. Selon le communiqué, la levée de fonds avait été officiellement lancée le 30 janvier 2025 par Maurice Kamto lui-même, alors candidat déclaré à la présidentielle. Cette opération avait pour but de financer sa campagne, dans un contexte où le parti mise depuis plusieurs années sur la mobilisation populaire comme levier démocratique.
Mais la disqualification du candidat par la haute juridiction électorale a rebattu les cartes. En réponse à cette exclusion controversée, le MRC informe l’opinion publique que les contributions financières destinées à la campagne sont désormais « closes ».
Fait notable et peu courant dans le paysage politique camerounais, le communiqué précise que malgré les dépenses déjà engagées dans le cadre de la préparation de la campagne, Maurice Kamto s’engage à rembourser les contributions reçues. Des « mesures d’ordre pratique » seraient actuellement en cours de mise en œuvre pour permettre le retour des fonds aux contributeurs.

Cette décision, qui tranche avec les usages habituels dans les partis politiques camerounais, vise sans doute à préserver la relation de confiance entre le candidat et ses soutiens, dans un contexte tendu marqué par l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition de la course présidentielle.
Le geste, s’il se concrétise, pourrait marquer un précédent en matière de transparence et de responsabilité politique au Cameroun.
Contacté par notre rédaction, un membre du MRC ayant indique que les modalités de remboursement feront l’objet d’une communication ultérieure, mais que les contributions seront traitées individuellement, sur la base des informations de versement enregistrées.
Alors que le paysage politique camerounais se crispe à l’approche du scrutin d’octobre 2025, cette annonce du MRC pourrait bien raviver le débat sur la légitimité du processus électoral et sur la place faite à l’opposition dans l’arène démocratique nationale.

