À Yaoundé, l’École Supérieure Internationale de Guerre organise depuis ce 15 juillet 2025 un colloque international consacré à l’adaptation des armées africaines face aux nouvelles formes de menaces sécuritaires. Sous le haut patronage du président Paul Biya, cette rencontre, qui s’achèvera le 17 juillet, réunit officiers généraux, universitaires, autorités civiles et militaires autour d’une question essentielle : comment bâtir une culture stratégique proprement africaine, capable de répondre efficacement aux défis sécuritaires contemporains ? Le Secrétaire d’État à la Défense chargé de la Gendarmerie, Etoga Galax, a présidé l’ouverture des travaux, soulignant l’importance de ce rendez-vous dans le contexte actuel.
Face au terrorisme, à la cybercriminalité ou encore aux conflits asymétriques, les armées africaines sont appelées à repenser leurs stratégies et à renforcer leurs capacités d’anticipation. C’est le message qu’a tenu à rappeler le Général de Brigade Nka Valère, commandant de l’École, en saluant la participation active de plusieurs délégations étrangères. Le haut gradé a insisté sur le rôle que doit jouer l’institution qu’il dirige : celui d’un laboratoire de réflexion et de formation pour une élite militaire capable d’affronter les mutations rapides du paysage sécuritaire africain.
Au cœur des échanges, l’universitaire Éric Mathias Owona Nguini a livré une leçon inaugurale lucide et sans concession. Selon lui, l’Afrique doit impérativement combler son retard dans la formation d’une pensée stratégique indépendante, adaptée à ses réalités spécifiques. Pour cela, les écoles militaires du continent doivent cesser d’imiter les doctrines occidentales et s’attacher à développer des savoirs enracinés dans les réalités géopolitiques africaines. Un défi de taille, dans un contexte où les menaces évoluent aussi vite que les technologies.
En clôturant cette première journée, Etoga Galax a salué les efforts de l’École Supérieure Internationale de Guerre qui, en 20 ans d’existence, a déjà formé près de 1000 officiers venus d’Afrique et d’ailleurs. Mais il a aussi rappelé l’urgence de renforcer les capacités des forces de défense africaines face à des ennemis toujours plus imprévisibles. Derrière les discours de satisfaction, c’est une réalité qui s’impose : sans stratégie propre, sans doctrine adaptée, l’Afrique risque de rester vulnérable face aux crises sécuritaires à venir.

