Mourners place candles in a room of Radio Amplitude FM where a portrait of journalist Martinez Zogo has been placed to pay tribute to him, in the Elig Essono district in Yaounde on January 23, 2023. A popular Cameroon radio journalist who had been missing following what a media rights group called an abduction has been found dead, his employer and police said on January 22, 2023. Martinez Zogo was managing director of Yaounde-based private radio station Amplitude FM and the star host of a popular daily programme, Embouteillage (Gridlock). On the air, the 51-year-old regularly tackled cases of corruption, not hesitating to question important personalities by name. (Photo by Daniel Beloumou Olomo / AFP)
Le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo s’ouvre le 22 mars prochain. Au total, 16 personnes ont été inculpées pour des motifs d’assassinat, de complicité d’assassinat et de complicité de torture etc. Malgré l’optimisme affiché par certaines organisations et observateurs, plusieurs points semblent n’avoir pas été éclairés pendant le déroulement des enquêtes.
Le juge d’instruction du Tribunal militaire Narcisse Pierrot Nzie a rendu sa copie dans le cadre de l’enquête de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. L’ordonnance de renvoi de 20 pages qui a fuité à cet effet, fait des révélations assez factuelles sur le déroulement du complot, de l’enlèvement et de l’assassinat en janvier 2023 du chef de chaine de la radio urbaine Amplitude FM.
Seulement plusieurs questions restent en suspens. L’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga, selon l’ordonnance de renvoi, est clairement présenté par Justin Danwe, qui a coordonné le commando qui a enlevé, torturé, puis assassiné Martinez Zogo, comme étant le commanditaire de l’assassinat du journaliste. Le même document fait savoir que Martin Savom, inculpé dans le cadre de la même affaire avait remis de l’argent à Justin Danwe le soir de l’enlèvement, lequel argent avait été partagé au commando après la macabre opération. Sauf que l’ordonnance n’établit aucun lien entre Jean Pierre Amougou Belinga présenté comme le commanditaire et Martin Savom. Dès lors quelques questions sautent à l’esprit. D’où vient ce Martin Savom ? Comment a-t-il été au courant d’une expédition punitive contre le journaliste ? Pour quel intérêt finance-t-il le commando ? D’où vient cet argent ? Pour qui travaillerait-il ? Pourquoi n’a-t-il jamais été cité par Justin Danwe pendant le déroulement de l’enquête ? Pourquoi n’avait-il jamais été convoqué ? Pourquoi a-t-il été cité dans l’affaire plus de 10 mois après l’assassinat du journaliste ?
S’il est difficile de répondre à ces questions, on pourrait y voir soit une autre complicité entre Justin Danwe et Martin Savom. Soit Justin Danwe a considéré le rôle jouer par Martin Savom, comme secondaire, soit alors Savom aurait été mandaté par quelqu’un d’autre que Danwe ne veut pas citer. Soit enfin, se dire que celui qui était encore maire de Bibey jusqu’au moment de son arrestation bénéficiait d’une certaine protection qui le mettait hors de danger.
Quoi qu’il en soit, le déroulement des évènements dans cette affaire laisse soupçonner des interférences au niveau de l’enquête préliminaire et même de l’instruction.
Joseph Essama
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