Le ministère des Finances du régime Biya a rendu public jeudi le Projet de Loi de Règlement 2024, aussitôt adopté par l’Assemblée nationale. Le document fait état d’une exécution de 94,99 % des recettes et de 101 % des dépenses, des performances que ce gouvernement présente comme le signe d’une gestion maîtrisée. Mais pour de nombreux Camerounais, ces résultats techniques contrastent fortement avec la réalité quotidienne, marquée par des services publics fragiles et un coût de la vie en hausse.

Des milliards dépensés, des impacts toujours invisibles
Malgré la consommation quasi totale des budgets, plusieurs secteurs stratégiques continuent de montrer d’importantes faiblesses : routes dégradées, hôpitaux insuffisamment équipés, écoles manquant de matériel et difficultés persistantes dans l’accès à l’eau et à l’électricité. L’annonce d’un déficit de 357,1 milliards de FCFA, certes entièrement couvert, soulève également des inquiétudes quant au recours accru à l’endettement, alors que le pays semble avoir du mal à transformer les dépenses publiques en améliorations tangibles.
Une transparence en progrès sur le papier
Ce ministère évoque des avancées en matière de transparence et de comptabilité patrimoniale. Cependant, pour beaucoup d’observateurs, ces progrès restent encore théoriques. L’accès à l’information budgétaire demeure limité, et les mécanismes de reddition de comptes peinent à s’imposer comme des pratiques régulières. La confiance du public dans la gestion de l’argent de l’État reste donc fragile.
À l’heure où le gouvernement Biya se félicite des performances d’exécution, la question essentielle demeure : à quoi servent ces milliards si les conditions de vie n’évoluent pas ? Dans un Cameroun où les attentes sociales sont fortes, l’adoption de la Loi de Règlement 2024 apparaît davantage comme un exercice administratif que comme un geste porteur d’espoir. Pour beaucoup, l’enjeu n’est plus de consommer les budgets, mais de produire des résultats visibles et durables.