À deux mois d’un scrutin présidentiel qui s’annonce déterminant, l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) ravive le débat sur la candidature unique de l’opposition. Dans un communiqué daté du 14 août 2025, signé par Hon. Tomaino Ndam Njoya, le parti lance un appel solennel aux « acteurs du changement démocratique » afin de préserver un « sursaut républicain » et d’arracher, par les urnes, une alternance dès le 12 octobre. L’initiative n’est pas nouvelle, mais elle prend une dimension particulière dans un contexte où la dispersion des candidatures semble, une fois encore, menacer les chances de l’opposition.
L’UDC ancre son argumentaire dans un travail de fond engagé depuis mars 2021 au sein de la Plate-forme des Politiques Engagés pour la Modification Consensuelle du Système Électoral Camerounais. Cette coalition de sept partis, parmi les plus représentatifs, avait dès l’origine mis en avant la nécessité d’un front commun face à un régime en place depuis plus de quatre décennies. Les récents conclaves de Yaoundé et Foumban, ponctués de débats sur les inégalités sociales, la crise sécuritaire dans les régions anglophones et les tensions interethniques, ont ravivé ce constat : seule une candidature consensuelle pourrait peser face à l’appareil du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).


Sur le plan stratégique, l’UDC ne se limite pas à l’appel à l’unité. Le communiqué met l’accent sur la consolidation d’un programme commun, pensé pour initier des réformes institutionnelles profondes dès l’après-12 octobre. Cohésion entre acteurs politiques, société civile et médias, refus des intimidations et de l’achat de conscience, et structuration durable de l’opposition au-delà du scrutin : autant de lignes directrices que le parti juge essentielles pour « l’ancrage de la Respublica ».
Reste que cette main tendue se heurte à la réalité des ambitions individuelles et des rivalités partisanes. En 2018 déjà, l’idée d’un candidat unique s’était fracassée sur les divergences internes. L’appel de l’UDC, bien que porteur d’une vision de rassemblement, devra donc surmonter un double obstacle : convaincre les états-majors réticents à sacrifier leur visibilité et rallier un électorat souvent désabusé par l’échec répété des stratégies d’unité. À l’approche du 12 octobre, la question demeure entière : l’opposition camerounaise saura-t-elle parler d’une seule voix, ou se présentera-t-elle, comme souvent, en ordre dispersé face à un pouvoir aguerri aux batailles électorales ?

