Après un week-end sous haute tension, le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, a quitté sa résidence de Bonapriso à Douala ce lundi peu avant 13 heures, escorté par un important dispositif sécuritaire. Selon des sources proches du parti, il aurait pris la route de Yaoundé, mettant ainsi un terme aux espoirs d’une rencontre prévue avec le directoire régional de sa formation politique.
Depuis son arrivée dans la capitale économique samedi, en provenance de Paris où il avait animé un meeting très suivi avec la diaspora camerounaise, l’opposant camerounais faisait l’objet d’une surveillance étroite de la part des forces de l’ordre. Sa résidence, située dans le quartier huppé de Bonapriso, était placée sous blocus, avec un dispositif mêlant gendarmerie, Groupement Mobile d’Intervention (GMI) et Groupement Spécial d’Opérations (GSO). L’accès à la rue était strictement contrôlé : seuls les résidents étaient autorisés à circuler librement, tandis que tout visiteur était refoulé.
Malgré cette présence policière massive, des cadres du MRC ont tenté de maintenir le contact avec leur président. La veille, dimanche, des milliers de militants et sympathisants s’étaient mobilisés dans les rues de Douala pour lui réserver un accueil enthousiaste. Une démonstration de force qui traduisait leur volonté de montrer leur attachement au leader de l’opposition, malgré les restrictions imposées.
Mais cette mobilisation a entraîné des représailles. Maître Fabien Kengne, avocat au barreau du Cameroun et proche du MRC, a annoncé l’arrestation d’environ soixante militants du parti. Ces derniers seraient actuellement détenus dans différentes brigades de gendarmerie à Douala, selon ses déclarations.
La situation a contraint Maurice Kamto à écourter son séjour. Alors qu’une réunion stratégique était initialement prévue avec le bureau régional de son parti, cette rencontre n’aura finalement pas lieu. L’opposant a quitté les lieux sous escorte, dans des conditions qui soulignent une fois de plus les tensions persistantes entre les autorités et les forces de l’opposition au Cameroun.
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