Mondial 2026 : évincé par New World TV, Canal+ laisse ses millions d'abonnés africains sans coupe du monde
C’est un séisme dans le paysage audiovisuel africain. À quelques heures du coup d’envoi du Mondial 2026, des millions d’abonnés de Canal+ en Afrique francophone réalisent avec stupeur qu’ils ne pourront pas regarder la compétition sur leur bouquet habituel. La colère gronde sur les réseaux sociaux, et des appels au boycott et au remboursement se multiplient sur tout le continent.
Le groupe Canal+ n’a pas obtenu les droits de diffusion de la Coupe du monde 2026 pour la zone Afrique francophone, lui qui régnait en maître sur les écrans du continent lors des grands rendez-vous sportifs. Le coup de grâce est venu de Lomé : le diffuseur panafricain New World TV a décroché les droits exclusifs de télévision payante pour tous les matchs dans les territoires subsahariens francophones, ainsi que les droits exclusifs de télévision gratuite pour 34 des 104 rencontres du tournoi à travers l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.
Cet accord couvre 19 pays francophones d’Afrique subsaharienne, dont le Cameroun, la RDC, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Togo. En plus de verrouiller l’accès exclusif aux rencontres payantes, New World TV pilote également la sous-licence d’une partie des matchs en clair à travers 43 territoires subsahariens.
Le responsable de la communication de Canal+ Burundi, Chris Niyo, a dû confirmer publiquement l’information : Canal+ avait soumissionné pour obtenir les droits de diffusion de la Coupe du monde dans les pays francophones, mais la FIFA ne les lui a pas accordés. Pour le groupe français, cette perte de droits représente un sérieux revers commercial. Il s’appuyait traditionnellement sur ces grands rendez-vous internationaux pour doper ses recrutements et fidéliser son parc d’abonnés en Afrique.
La situation est d’autant plus paradoxale que Canal+ a finalisé en septembre 2025 le rachat de MultiChoice, le groupe sud-africain propriétaire de DStv, GOtv et SuperSport : mais ces droits couvrent les pays d’Afrique anglophone et lusophone, l’Afrique francophone en étant expressément exclue.
La frustration des consommateurs a rapidement débordé sur les réseaux sociaux. Une pétition a été lancée pour exiger des compensations. Ses initiateurs dénoncent le fait que Canal+ ne respecte pas ses abonnés en Afrique en n’assurant pas la diffusion de la Coupe du monde 2026, et réclament un remboursement ou un crédit automatique des abonnements pour toute la période de la compétition non diffusée. Le texte avertit que si la réponse de Canal+ ne rencontre pas les attentes des abonnés, une campagne de boycott africain pourrait être lancée.
Dans certains pays, la situation confine au chaos médiatique. Au Burundi, les téléspectateurs se retrouvent dans un vide inhabituel, sans diffuseur confirmé, sans annonce officielle, à moins de cinq jours du coup d’envoi. Au Cameroun en revanche, une solution partielle a été trouvée : la Cameroon Radio Television (CRTV) a obtenu l’autorisation de diffuser 18 matchs de la phase de groupes sur les 72 rencontres programmées à ce stade.
Pour le groupe basé à Lomé, ce contrat représente une vitrine planétaire mais aussi une épreuve de maturité. Canal+ devra désormais justifier son catalogue sans le graal planétaire, tandis que New World TV s’engage à retransmettre la totalité des 104 matchs du tournoi. La FIFA a salué une approche de distribution innovante, avec des tarifs d’abonnement présentés comme abordables : un argument qui ne suffira toutefois pas à apaiser immédiatement les millions d’abonnés Canal+ qui découvrent, à la dernière minute, qu’ils devront souscrire à une nouvelle plateforme pour regarder le Mondial.
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