La ville de Mora, chef-lieu du département du Mayo-Sava, dans la région de l’Extrême-Nord, est secouée par une vive controverse à la suite de la destruction de plusieurs boutiques du marché central, dans la nuit du mardi au mercredi 28 octobre 2026.

Une opération qui ravive les tensions entre les autorités municipales et les commerçants, sur fond de désaccords concernant les modalités de relogement et d’indemnisation.
Selon les informations recueillies, l’opération a débuté aux environs de 2 heures du matin, avec le déploiement d’éléments de la police et de la gendarmerie, accompagnés d’équipes chargées de procéder aux démolitions.
L’intervention, qui aurait été menée sous l’autorité du préfet du Mayo-Sava, a pris de court plusieurs commerçants, dont les activités et les biens ont été affectés.

Au centre de la polémique, deux documents dont l’articulation suscite des interrogations. Une note datée du 27 avril 2026, attribuée au secrétaire général de présidence de la République, demande au gouverneur de la région de l’Extrême-Nord de suspendre les démolitions jusqu’à nouvel ordre.
Pourtant, l’opération menée dans la nuit du 28 octobre soulève des questions sur la prise en compte de cette instruction et sur les conditions ayant conduit à sa mise en œuvre.
Parallèlement, un protocole d’accord porté par le maire de Mora prévoit des mesures de compensation en faveur des commerçants concernés. Le document évoque notamment l’attribution d’une boutique au marché de Sankré à chaque bénéficiaire, ainsi que le versement d’une allocation annuelle de 100 000 FCFA jusqu’à la mise en service de la deuxième phase du marché.
À cette échéance, une nouvelle boutique serait attribuée pour deux années d’exploitation, sans retrait de la première attribution, selon les dispositions mentionnées dans le protocole.
Mais ces engagements sont loin de faire l’unanimité. Plusieurs commerçants contestent la représentativité des personnes ayant pris part aux négociations et affirment ne pas avoir donné leur accord.
Pour eux, les dispositions prévues ne sauraient automatiquement engager l’ensemble des occupants concernés. Cette opposition nourrit le sentiment d’incompréhension et pose la question de l’inclusivité des concertations préalables à une opération aux conséquences économiques et sociales importantes.
La situation a ensuite pris une tournure plus préoccupante. Dans un climat de colère, la permanence du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) à Mora a été touchée par un incendie signalé au petit matin. Les circonstances précises du sinistre, son origine et les éventuelles responsabilités restent à établir j les autorités compétentes. À ce stade, aucun lien de responsabilité ne peut être établi sans les conclusions des investigations.
Au-delà des destructions matérielles, les événements de Mora mettent en évidence un problème de clarification administrative et de gestion du dialogue avec les acteurs économiques locaux. La question centrale demeure celle de la cohérence entre la demande de suspension attribuée à la présidence de la République et les décisions ayant conduit à la démolition des boutiques. S’y ajoutent les interrogations sur la validité du protocole d’accord, l’identité de ses signataires et le consentement réel des commerçants concernés.
Face à cette situation, la clarification officielle des documents, l’établissement des responsabilités et l’ouverture d’un dialogue crédible entre les autorités administratives, la municipalité et les commerçants apparaissent indispensables. L’enjeu est désormais d’éviter une nouvelle escalade, de garantir le respect des procédures applicables et d’apporter des réponses concrètes aux personnes affectées.
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