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Home Cameroon

Mouvement « Tout sauf Cabral » : un aveu d’impuissance du PCRN ?

Mimi Mefo Info Francais (Editor) by Mimi Mefo Info Francais (Editor)
November 6, 2026
in Cameroon, Editorial, Français, Politics
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Depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) semble avoir trouvé dans le mouvement « Tout sauf Cabral » l’une des principales explications à la contre-performance de son candidat, Cabral Libii. Plusieurs mois après le scrutin, la question continue d’être portée par des responsables du parti, notamment sa vice-présidente, Anne Féconde Noah. Une nouvelle fois, cette dernière est revenue sur le sujet lors d’une intervention sur Times TV, le 5 novembre 2026.

PCRN

Pour les responsables du PCRN, des militants et sympathisants proches d’un autre leader de l’opposition auraient organisé une campagne destinée à détourner les électeurs de Cabral Libii. Le slogan « Tout sauf Cabral » aurait ainsi contribué à installer une hostilité contre le candidat, notamment à travers des informations présentées comme mensongères, des messages diffusés sur les réseaux sociaux et des campagnes de proximité.

Anne Féconde Noah avait déjà développé ces accusations dans plusieurs prises de parole publiques. En mai 2026, elle reprochait notamment aux porteurs de ce slogan d’avoir propagé des informations destinées à convaincre une partie de l’électorat que Cabral Libii représentait une menace pour certaines communautés. Elle leur demandait d’assumer les conséquences de leurs actions.

Il serait pourtant réducteur de considérer que toute cette controverse relève de simples querelles entre responsables politiques. Elle pose une question autrement plus importante sur la place réelle de Cabral Libii dans le paysage politique camerounais : quelle est aujourd’hui sa capacité à mobiliser les électeurs au-delà de son cercle militant et de sa base traditionnelle ?

Car derrière les accusations contre le mouvement « Tout sauf Cabral » se dessine une interrogation difficile à écarter : comment un responsable politique qui ambitionne d’incarner une alternative nationale peut-il expliquer une baisse aussi importante de son score présidentiel principalement par la capacité de mobilisation de ses adversaires ?

2018-2025 : une audience électorale qui s’est contractée

Les résultats des deux dernières élections présidentielles offrent un premier élément de réponse.

Le 7 octobre 2018, Cabral Libii participe pour la première fois à une élection présidentielle. Il porte alors la candidature soutenue par le parti Univers. À cette période, il n’est pas encore le président national du PCRN, fonction qu’il occupera à partir de 2019. Il bénéficie néanmoins déjà d’une certaine visibilité dans l’espace politique, notamment grâce à son engagement citoyen et à sa mobilisation autour du mouvement 11 Millions de citoyens.

À l’issue du scrutin, il obtient 221 995 voix, correspondant à 6,28 % des suffrages valablement exprimés. Il termine troisième, derrière Paul Biya et Maurice Kamto. Pour un candidat relativement jeune, qui effectue ses premiers pas dans la compétition présidentielle, ce résultat constitue une performance politique appréciable.

Sept ans plus tard, le contexte est pourtant différent. Cabral Libii n’est plus simplement un candidat qui cherche à se faire connaître. Il dirige désormais un parti politique, siège à l’Assemblée nationale, dispose de responsables locaux et peut s’appuyer sur une expérience de plusieurs années dans la compétition politique.

Le 12 octobre 2025, il se présente sous les couleurs du PCRN. Le résultat est cependant inférieur à celui de sa première participation. Selon les chiffres proclamés par le Conseil constitutionnel, il recueille 157 568 voix, soit 3,41 % des suffrages exprimés. Il conserve sa troisième place, mais perd 64 427 voix par rapport à 2018.

La différence est significative : son score passe de 6,28 % à 3,41 %, soit une diminution de 2,87 points en sept ans. En valeur absolue, cela représente une baisse d’environ 29 % de son nombre de suffrages.

La comparaison mérite d’être poussée davantage. En 2018, le Cameroun comptait environ 6,67 millions d’électeurs inscrits et 3,54 millions de suffrages valablement exprimés. En 2025, le nombre d’inscrits dépasse 8 millions et celui des suffrages valablement exprimés atteint 4,61 millions. Autrement dit, le corps électoral et le nombre de suffrages exprimés ont augmenté, mais le candidat Cabral Libii a perdu des voix.

Ce constat mérite une attention particulière. Il ne s’agit pas simplement d’une diminution mécanique de son pourcentage liée à l’augmentation du nombre de votants. Son nombre de suffrages a lui-même reculé.

On peut évidemment évoquer les circonstances politiques de 2025, les campagnes de dénigrement dénoncées par le PCRN et les différentes recompositions de l’opposition. Mais ces éléments ne suffisent pas à évacuer la question de la progression politique du candidat.

Sept années de présence à la tête d’un parti et de représentation parlementaire auraient-elles dû permettre à Cabral Libii de dépasser son résultat de 2018 ? C’est une attente politiquement légitime. Or, les chiffres racontent une autre histoire.

Le PCRN avait pourtant des instruments politiques pour progresser

L’argument de l’impuissance du mouvement « Tout sauf Cabral » devient encore plus difficile à écarter lorsqu’on observe le parcours institutionnel du PCRN depuis 2020.

En effet, Cabral Libii ne peut plus être considéré comme un simple candidat indépendant ou un outsider dépourvu d’appareil politique. Son parti a participé aux élections législatives et municipales du 9 février 2020 et a réussi à obtenir une représentation dans plusieurs institutions.

À l’issue de ces élections, le PCRN a obtenu cinq sièges à l’Assemblée nationale. Sur le plan municipal, il a pris la tête de sept communes, selon les données de l’Institut national de la statistique portant sur la mandature 2020-2025. Cette implantation lui a permis de disposer de relais locaux, de conseillers municipaux, de maires et de responsables politiques dans plusieurs territoires du pays. African Union +2

Ce détail est important. Il signifie que Cabral Libii disposait de moyens politiques que beaucoup de candidats à une élection présidentielle ne possèdent pas. Un parti représenté au Parlement, présent dans les exécutifs municipaux et disposant de militants sur le terrain devrait normalement être en mesure de construire progressivement une audience électorale plus importante.

La question n’est donc pas de savoir si le PCRN avait une existence politique. Elle est plutôt de comprendre pourquoi cette présence institutionnelle n’a pas produit une progression du nombre de suffrages en faveur de son président.

Sept communes, cinq députés et plusieurs années de travail politique auraient-ils dû permettre au PCRN de consolider son électorat ? Certainement. Cela ne garantissait pas une victoire présidentielle, mais constituait une base sur laquelle le parti pouvait construire.

Or, entre 2018 et 2025, le résultat de Cabral Libii s’est dégradé.

Il faut également rappeler que les élections municipales et législatives ne mesurent pas exactement la même chose qu’une présidentielle. Un candidat peut bénéficier d’une forte implantation locale sans réussir à convaincre à l’échelle nationale. Les électeurs peuvent choisir un maire pour son travail de proximité et porter leur choix présidentiel sur une autre personnalité.

Mais c’est justement là que réside le problème politique du PCRN. Comment transformer une implantation locale en adhésion nationale ? Comment faire en sorte que les électeurs qui accordent leur confiance aux candidats du parti dans les communes et les circonscriptions législatives se retrouvent également dans le choix de son président à la magistrature suprême ?

C’est une question de stratégie, de leadership, de programme et de capacité à convaincre. Elle mérite davantage qu’une explication centrée sur les initiatives des adversaires.

« Tout sauf Cabral » : quand l’adversaire devient l’explication de l’échec

Il serait malhonnête de nier que les campagnes de dénigrement peuvent avoir des conséquences sur une compétition électorale. Dans un environnement politique où les réseaux sociaux, les groupes WhatsApp et les communications communautaires jouent un rôle important dans la formation de l’opinion, une campagne de désinformation peut effectivement influencer le comportement d’une partie de l’électorat.

Si des informations mensongères ont été diffusées contre Cabral Libii, comme l’affirme Anne Féconde Noah, il est parfaitement légitime que le PCRN les dénonce. La circulation de fausses informations constitue un problème démocratique qui ne doit pas être banalisé.

Mais reconnaître cette possibilité ne signifie pas accorder à cette campagne une responsabilité exclusive dans le résultat électoral.

D’abord, il faudrait établir avec précision l’ampleur de ce mouvement. Combien d’électeurs ont effectivement adhéré au mot d’ordre ? Dans quelles régions a-t-il été particulièrement suivi ? Quel nombre de voix aurait-il réellement détourné de Cabral Libii ? Existe-t-il des enquêtes électorales permettant de mesurer son influence ?

À défaut de telles données, il reste difficile de transformer une accusation politique en explication statistiquement établie d’une défaite électorale.

Ensuite, il convient de faire une distinction entre la responsabilité d’un leader politique et celle de ses sympathisants. Les responsables du PCRN mettent régulièrement en cause des personnes proches de Maurice Kamto, mais cela ne permet pas, à lui seul, d’affirmer que ce dernier a personnellement conçu, organisé ou dirigé une campagne intitulée « Tout sauf Cabral ».

Il faut éviter cette confusion. Les initiatives de militants, de sympathisants ou de groupes politiques ne peuvent être automatiquement imputées à leur leader sans éléments permettant d’établir son implication.

Toutefois, même en admettant que des proches de Maurice Kamto aient activement participé à cette campagne, une autre question demeure : pourquoi leur message a-t-il trouvé un écho auprès d’une partie des électeurs ?

C’est précisément ce que le PCRN devrait chercher à comprendre.

Dans une compétition électorale, un candidat ne peut pas exiger que les électeurs lui accordent leur confiance simplement parce qu’il est candidat. Il doit la construire. Il doit expliquer son projet, défendre son bilan, convaincre de sa crédibilité et démontrer qu’il possède les qualités nécessaires pour exercer le pouvoir.

Lorsqu’une partie de l’électorat choisit de soutenir un autre candidat, ou de rejeter une candidature, le premier réflexe d’une formation politique devrait être de comprendre les raisons de ce choix.

Le mouvement « Tout sauf Cabral » a peut-être contribué à la difficulté de sa campagne. Mais il n’explique pas, à lui seul, pourquoi les Camerounais qui avaient voté pour lui en 2018 ne l’ont pas fait avec la même intensité en 2025.

Le paradoxe du leadership : Cabral Libii face à l’influence supposée de ses adversaires

C’est sans doute l’aspect le plus intéressant de cette controverse.

Depuis plusieurs années, Cabral Libii cherche à occuper une place centrale dans l’opposition camerounaise. Il dispose d’une formation politique, d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, d’une expérience électorale et d’une visibilité médiatique qui lui permettent de revendiquer une certaine légitimité dans le débat politique national.

Il est même présenté par ses partisans comme l’une des principales figures capables de porter une alternative au pouvoir en place.

Mais cette ambition se heurte à une réalité : le leadership politique ne se décrète pas. Il se construit à travers la capacité à mobiliser, à rassembler, à convaincre et à conserver la confiance des citoyens.

Si le PCRN estime qu’un mot d’ordre lancé ou relayé par des sympathisants d’un autre leader politique a suffi à détourner une partie importante des électeurs de Cabral Libii, il reconnaît indirectement que cette autre figure dispose d’une capacité d’influence considérable sur une partie de l’opinion.

C’est là que se trouve le paradoxe.

Comment un homme politique qui ambitionne d’incarner le leadership de l’opposition peut-il accepter que la parole de ses adversaires détermine à ce point le comportement électoral de ses propres électeurs potentiels ?

Pourquoi des citoyens qui auraient pu être convaincus par son programme ont-ils préféré suivre un mot d’ordre défavorable à sa candidature ?

Et surtout, qu’est-ce qui a manqué à Cabral Libii pour que son propre discours politique soit suffisamment convaincant afin de résister à cette campagne ?

Ces interrogations ne sont pas des attaques personnelles. Elles relèvent de l’analyse du rapport de force politique.

Un leader ne peut pas durablement revendiquer une autorité politique nationale tout en expliquant ses contre-performances par la capacité de mobilisation de ses concurrents. Il doit aussi être capable de démontrer que son propre pouvoir de conviction est supérieur à celui de ses adversaires.

Il faut d’ailleurs regarder les résultats de 2025 dans leur ensemble. Cabral Libii termine troisième avec 3,41 %, très loin derrière Issa Tchiroma Bakary, qui obtient 35,19 %, et Paul Biya, crédité de 53,66 %.

La troisième place peut être présentée comme un maintien dans le classement de 2018. Mais elle ne doit pas masquer l’ampleur de l’écart avec les deux premiers candidats. En particulier, l’avance d’Issa Tchiroma Bakary montre que l’opposition camerounaise a connu une recomposition importante de son électorat au cours de cette présidentielle.

Cabral Libii n’a donc pas seulement été confronté à une campagne hostile. Il a également été confronté à la concurrence d’autres candidatures qui ont réussi à capter une part beaucoup plus importante de la demande de changement.

La question de savoir pourquoi ces électeurs ont choisi Issa Tchiroma plutôt que lui mérite, elle aussi, une véritable analyse politique. Elections: Cameroonian Presidency 2025 General +1

Une fuite en avant qui risque de masquer les véritables faiblesses du parti

Il y a également un risque politique à entretenir cette explication pendant plusieurs mois : celui de transformer une défaite électorale en un contentieux permanent avec les adversaires.

À force de revenir sur le mouvement « Tout sauf Cabral », le PCRN donne le sentiment que sa principale bataille politique reste celle de la présidentielle de 2025, alors que le calendrier électoral impose déjà de préparer les prochaines échéances législatives et municipales.

Le parti aurait pourtant d’autres chantiers à examiner.

Pourquoi son implantation dans certaines régions n’a-t-elle pas permis une meilleure mobilisation nationale ? Comment expliquer la perte de près de 65 000 suffrages par rapport à 2018 ? Le programme défendu pendant la campagne a-t-il suffisamment répondu aux préoccupations des populations ? Le parti a-t-il réussi à renouveler ses équipes et à maintenir une présence constante sur le terrain ? Son discours politique a-t-il évolué avec les attentes des Camerounais ?

Ces questions sont d’autant plus importantes que le PCRN a connu des départs de responsables depuis la présidentielle.

Firmin Fotsing, ancien délégué régional du parti pour l’Ouest, a notamment quitté la formation en octobre 2025. D’autres responsables ont suivi. Plus récemment, le départ de la députée Nourane Moluh Hassana, annoncé en septembre 2026, a constitué un nouvel épisode dans cette séquence de ruptures.

Ces départs ne prouvent pas, à eux seuls, l’existence d’une crise généralisée au PCRN. Ils constituent néanmoins des signaux politiques que la direction du parti ne peut ignorer. Cameroun +2

Dans ce contexte, la création d’une Task Force de 74 membres en février 2026, chargée de proposer des réformes et des innovations dans l’organisation du parti, montre d’ailleurs que la direction a identifié la nécessité d’un travail interne. Cette démarche est intéressante, mais elle doit s’accompagner d’une véritable évaluation politique de la dernière présidentielle. Journalducameroun.com

Il ne suffit pas de dénoncer les stratégies des autres. Il faut aussi examiner ses propres choix, ses erreurs éventuelles et les limites de son organisation.

Le PCRN doit surtout comprendre qu’un parti politique ne peut pas construire son avenir autour de la seule défense de son président. Il doit être capable de proposer une vision, de former des cadres, de renouveler ses responsables et de convaincre les citoyens que son projet mérite leur confiance.

La personnalisation excessive du combat politique peut finir par fragiliser une formation. Lorsque toute critique adressée au leader est considérée comme une attaque contre le parti, il devient difficile d’organiser une véritable autocritique.

Or, après une baisse aussi importante du score présidentiel, cette autocritique devrait être une priorité.

Le véritable aveu d’impuissance

Au fond, le problème du PCRN n’est pas de dénoncer le mouvement « Tout sauf Cabral ». Le parti est libre de considérer que des adversaires ont mené une campagne déloyale contre son président. Il peut même continuer à demander des comptes à ceux qu’il estime responsables de cette situation.

Mais ce qui interroge, c’est la place que cette explication occupe dans son discours politique, plusieurs mois après la proclamation des résultats.

À quoi sert-il de dénoncer continuellement l’influence des adversaires si cette dénonciation ne débouche pas sur une stratégie permettant de renforcer sa propre influence ?

Un mouvement hostile à un candidat ne devrait jamais constituer une explication suffisante à son incapacité à convaincre les électeurs. Il peut représenter un obstacle, mais il appartient au candidat de construire une force politique capable de lui résister.

C’est ici que l’expression « aveu d’impuissance » prend tout son sens.

En faisant du « Tout sauf Cabral » une explication récurrente de leur déroute, les responsables du PCRN finissent par donner une importance considérable à leurs adversaires. Ils reconnaissent, au moins implicitement, que ces derniers auraient réussi à mobiliser une partie de l’électorat contre Cabral Libii, sans que celui-ci ait pu opposer une dynamique suffisamment forte pour conserver ses soutiens.

Et si le problème était justement là ?

Si Cabral Libii veut véritablement être considéré comme une figure majeure de l’opposition camerounaise, il doit désormais démontrer qu’il possède une capacité de mobilisation qui ne dépend pas de la faiblesse de ses concurrents, ni de l’absence de campagnes hostiles à son encontre.

Il doit convaincre ceux qui ont voté pour lui en 2018 et qui ne l’ont pas suivi en 2025. Il doit également conquérir de nouveaux électeurs, notamment parmi les jeunes, les populations urbaines et les citoyens qui ne se reconnaissent plus dans les formations politiques traditionnelles.

Il doit enfin comprendre qu’en politique, les électeurs ne sont la propriété d’aucun leader. Ils peuvent soutenir un candidat à une élection et en choisir un autre sept ans plus tard. Ils peuvent également décider de sanctionner un responsable politique dont le discours, les positions ou les alliances ne correspondent plus à leurs attentes.

C’est une réalité démocratique que tout prétendant au pouvoir doit accepter.

Le mouvement « Tout sauf Cabral » a peut-être constitué un handicap pour la candidature du président du PCRN. Mais il ne saurait devenir une réponse permanente à toutes les interrogations sur son poids électoral.

Car les chiffres, eux, ne parlent pas de Maurice Kamto, de ses sympathisants ou des mots d’ordre de ses proches. Ils parlent de Cabral Libii : 221 995 voix en 2018, contre 157 568 en 2025.


Sept années de carrière politique supplémentaire, un parti à diriger, des députés, des conseillers municipaux, des maires et une expérience de la compétition présidentielle n’ont pas permis d’améliorer ce résultat.

À ce stade, le véritable chantier de Cabral Libii n’est donc pas de démontrer que ses adversaires ne voulaient pas de lui à la présidence. C’est de comprendre pourquoi suffisamment de Camerounais n’ont pas voulu de lui.

Un leader politique qui passe son temps à expliquer pourquoi les autres ont réussi à convaincre les électeurs de ne pas voter pour lui finit par révéler une faiblesse autrement plus préoccupante : sa propre difficulté à les convaincre de le choisir.

Et c’est peut-être le plus grand aveu d’impuissance que le PCRN puisse faire, sans même s’en rendre compte.

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