Polémique autour de la nomination d’un juge d’instruction au tribunal militaire

Le 13 décembre 2023, le président Paul Biya a procédé à la nomination des responsables au ministère de la Défense, parmi eux, un nouveau juge d’instruction au tribunal militaire de Yaoundé. Une décision différemment interprétée au sein de l’opinion.

Le président de la République, Paul Biya, a signé hier mercredi 13 décembre 2023, un décret portant nomination de nouveau responsable au ministère de la Défense. Dans le volet concernant les tribunaux militaires, le Lieutenant-Colonel magistrat Nzie Pierrot Narcisse a été porté au poste de juge d’instruction au tribunal militaire de Yaoundé, cumulativement avec ses fonctions de vice-président du même tribunal.

Le même décret nomme au poste de Directeur de la justice militaire au ministère de la défense, le Colonel Magistrat Djiofack Sylvestre Pascal en remplacement de colonel Sipa Didier Dongmo. Ce dernier est nommé inspecteur à l’inspection générale des armées.

Si les autres nominations de Paul Biya n’ont pas suscité des interprétations diverses, celle portant nomination d’un juge d’instruction est au centre de tous les débats. Certains estiment que le Lieutenant-colonel Sikati II Kamwo Florent Aimée n’est plus Vice-président et juge d’instruction du Tribunal militaire de Yaoundé.

Le fait est qu’il y a juste deux semaines, la justice militaire a connu un imbroglio autour de la vraie-fausse libération de Léopold Maxime Eko Eko, patron de la Direction Générale de la Recherche Extérieure, service camerounais de contre-espionnage et Jean Pierre Amougou Belinga, président directeur général du groupe l’Anecdote, tous incarcérées dans le cadre de l’assassinat Martinez Zogo.

Mais pour d’autres observateurs, il ne s’agit pas d’un limogeage, mais plutôt d’un renforcement du dispositif au tribunal militaire de Yaoundé. En expliquant comment comprendre le décret N°2023/568 du 13 Déc 2023 portant nomination des responsables au ministère de la Défense, Polycarpe Xavier Atangana Eteme, indique que « le Lieutenant-colonel Sikati II kwamo Aimé Florent n’a été ni limogé, ni dessaisi du dossier Martinez Zogo. En m’appuyant sur la loi N° 2017/012 du 12 juillet 2017 portant Code de Justice Militaire, au Siège cette loi stipule : Art 5, au Siège, le Tribunal Militaire comprend : un Président, un ou plusieurs Vice-présidents, etc. À l’instruction (un ou plusieurs Juges d’Instruction). Le Décret du Président Paul Biya, est donc un renforcement de l’effectif. Le Tribunal Militaire de Yaoundé passe désormais d’un 01 Vice-président à 02. Ces nouvelles nominations n’ont rien à y voir avec l’affaire Martinez Zogo. Ceux qui disent que le Pénaliste Sikati kwamo Aimé Florent a été limogé sont dans la théâtralisation », explique-t-il.

Joseph Essama

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