La préparation du scrutin présidentiel camerounais continue de susciter des remous. Elections Cameroon (Elecam) a demandé à ses délégués régionaux de revoir, en urgence, la localisation de plusieurs bureaux de vote installés dans des sites jugés inappropriés tels que les casernes militaires, les commissariats ou certaines chefferies traditionnelles. L’instruction, signée par le directeur général des élections Erik Essousse, fait suite à une dénonciation du candidat du Social Democratic Front, Joshua Osih, qui a identifié plus de 1 100 bureaux ne respectant pas, selon lui, les dispositions légales.

Pour l’opposant, la présence de bureaux de vote dans des espaces sous contrôle militaire ou traditionnel viole clairement l’article 96 du Code électoral, qui exige des lieux civils, neutres et facilement accessibles. « Il est juridiquement et matériellement inacceptable que des bureaux de vote soient installés là où circulent des armes et du personnel en uniforme », a-t-il insisté. Ses arguments ravivent un vieux débat sur la neutralité de l’administration électorale et l’influence symbolique des lieux choisis pour abriter le scrutin.
Face à la controverse, Elecam a fixé au 16 août la date limite pour que ses responsables régionaux proposent de nouvelles dénominations pour ces bureaux contestés. Une mesure présentée comme une réponse rapide, mais qui soulève des interrogations sur la faisabilité et la transparence d’un tel réajustement à un moment aussi sensible de l’organisation du vote.
Ce bras de fer met en lumière une problématique déterminante : la confiance des électeurs dans le processus électoral. La question de l’implantation des bureaux de vote n’est pas un simple détail administratif, mais une condition essentielle pour garantir l’égalité entre les candidats et la légitimité du résultat final. En procédant à des ajustements tardifs, Elecam prend le risque d’alimenter les doutes sur son impartialité et de fragiliser davantage une élection déjà sous haute surveillance.