Dans une tribune publiée ce lundi 12 janvier, Samuel Iyodi Hiram alerte sur ce qu’il qualifie de « gaspillage systémique » des ressources publiques au Cameroun et appelle à une refonte profonde de la gouvernance budgétaire. S’appuyant sur l’analyse du budget de l’État pour l’exercice 2026 réalisée par la professeure Viviane Ondoua Biwole, l’auteur estime qu’une rationalisation sérieuse des dépenses permettrait de dégager jusqu’à 1 000 milliards de francs CFA d’économies.
Selon cette analyse, près de 600 milliards de FCFA pourraient être économisés sur le train de vie de l’État, notamment à travers la réduction des frais généraux. À cela s’ajouteraient environ 400 milliards de FCFA issus d’un meilleur contrôle des dépenses d’investissement, en particulier dans le secteur des grands travaux, souvent critiqué pour ses dérives budgétaires et ses surcoûts.
Pour Samuel Iyodi Hiram, ces marges financières, si elles étaient effectivement mobilisées, offriraient des perspectives considérables pour le développement du pays. Il évoque notamment la possibilité de doubler le service de la dette, de financer la construction d’un barrage hydroélectrique de 700 mégawatts ou encore de réaliser une centaine d’hôpitaux de référence, illustrant ainsi l’écart entre les ressources disponibles et leur utilisation actuelle.
Au-delà des chiffres, l’auteur dénonce un système qu’il juge inéquitable, où « les impôts de tous servent à engraisser quelques-uns ». Cette situation, selon lui, met en évidence la nécessité d’un nouveau leadership politique fondé sur une logique budgétaire responsable, orientée vers l’intérêt général plutôt que vers des avantages particuliers.
Dans ses propositions, Samuel Iyodi Hiram plaide pour la mise en place d’un dispositif coercitif renforcé de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, la réduction de la taille du gouvernement central, ainsi qu’une déconcentration accrue des pouvoirs et des décisions relatives aux investissements publics. Autant de réformes qu’il considère comme urgentes pour garantir que l’argent public serve effectivement à l’amélioration des conditions de vie des Camerounais.
À travers cette prise de position, l’auteur inscrit le débat budgétaire au cœur des enjeux de gouvernance et de développement, appelant à une rupture avec les pratiques actuelles et à une gestion plus rigoureuse et transparente des finances publiques.
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