Une crise majeure secoue le football camerounais alors que la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (FIFPRO) vole au secours de Geremi Njitap et du Syndicat national des footballeurs camerounais (SYNAFOC), durement sanctionnés cette semaine par la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT).
L’ancien capitaine des Lions Indomptables, aujourd’hui président de SYNAFOC et membre influent du conseil d’administration de la FIFPRO, a écopé d’une suspension de cinq ans. Son secrétaire général, Daniel Blaise Ngos, est quant à lui écarté pour une durée de deux ans. Ces décisions, prises par la Commission d’éthique de la FECAFOOT, suscitent une vague d’indignation au sein des instances syndicales internationales.
Selon la FIFPRO, ces sanctions ne sont pas anodines. L’organisation internationale y voit une attaque ciblée contre une structure qui défend depuis plus de deux décennies les droits des footballeurs au Cameroun. En toile de fond, un conflit larvé autour de la reconnaissance syndicale : la FECAFOOT aurait récemment tenté d’écarter SYNAFOC au profit d’un nouveau syndicat, considéré comme inféodé à la fédération, et peu représentatif de la voix réelle des joueurs.
Cette manœuvre soulève de vives inquiétudes chez les observateurs du monde du football, qui redoutent une instrumentalisation des organes disciplinaires pour museler les voix critiques et affaiblir l’autonomie des acteurs syndicaux.
Dans un communiqué diffusé ce 21 juin, la FIFPRO exhorte les instances dirigeantes du football mondial et continental (la FIFA et la CAF) à se pencher sur la situation camerounaise. Elle demande l’ouverture d’une enquête indépendante et des mesures concrètes pour garantir le respect des normes de gouvernance, des droits syndicaux et la protection des dirigeants contre toute forme de représailles.
« Il est inacceptable que des leaders syndicaux soient punis pour avoir exercé leur mandat de défense des joueurs », déclare une source proche de la FIFPRO.
Pour les défenseurs des droits des athlètes, l’affaire dépasse le cadre camerounais. Elle s’inscrit dans une tendance préoccupante observée dans plusieurs fédérations, où l’indépendance des syndicats est de plus en plus mise à mal par des pressions politiques ou institutionnelles.
Avec plus de 70 000 membres répartis dans 72 pays, la FIFPRO affirme maintenir son soutien total au SYNAFOC et promet de poursuivre son combat pour que les footballeurs camerounais soient représentés par une structure libre, indépendante et légitime.
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