Transport aérien : le Cameroun mise sur Qatar Airways pour relancer sa connectivité et ses recettes fiscales
Le gouvernement camerounais entend franchir un cap stratégique dans le développement de son espace aérien. Le 10 novembre 2025, un projet de loi autorisant la ratification de l’accord de transport aérien entre le Cameroun et le Qatar a été soumis au Parlement. Signé en janvier à Doha, cet accord vise à ouvrir le marché national à Qatar Airways, géant mondial du transport aérien, dans l’espoir de stimuler la concurrence, d’accroître les recettes fiscales et de repositionner le pays comme une plateforme régionale de transit.
Selon le texte présenté par l’exécutif, cette ratification doit permettre de densifier le réseau aérien du Cameroun, souvent critiqué pour sa faible connectivité internationale. L’arrivée de Qatar Airways devrait non seulement réduire les coûts de transport pour les voyageurs en diversifiant l’offre, mais aussi accroître le trafic passagers et fret dans les aéroports de Douala et de Yaoundé. Ces infrastructures, en mal de modernisation, pourraient ainsi retrouver un certain dynamisme grâce à l’afflux de nouvelles liaisons vers le Moyen-Orient et l’Asie — deux zones de croissance stratégique pour le commerce et le tourisme.
L’ambition est claire : faire du Cameroun un point d’ancrage pour les investisseurs et touristes internationaux, tout en dopant les revenus de l’État et des opérateurs publics tels que la Cameroon Civil Aviation Authority (CCAA) et Aéroports du Cameroun (ADC). Toutefois, au-delà de l’effet d’annonce, cette ouverture du ciel national interroge sur la capacité du pays à créer un environnement réellement compétitif. L’attractivité promise dépendra du niveau des redevances, de la qualité des services au sol et de la fiabilité de la connectivité intérieure — autant de faiblesses structurelles qui freinent encore la croissance du secteur.
En misant sur une compagnie aussi influente que Qatar Airways, le Cameroun joue une carte audacieuse : celle d’une libéralisation maîtrisée susceptible de transformer le transport aérien en levier économique. Mais entre volonté d’intégration mondiale et protection d’un marché encore fragile, le gouvernement devra veiller à ce que cette ouverture serve d’abord l’intérêt national : et non celui d’un simple prestige diplomatique.
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