Une étudiante tchadienne arrêtée par la police sur ordre du gouvernement tchadien.

Une étudiante tchadienne vient de faire les frais de la répression qui sévit au Tchad, alors que le pays est en pleine campagne électorale pour la présidentielle. Écrivaine et étudiante en Master 1 en Droit des affaires à Yaoundé 2 SOA, Oualoumi Daîpah a été arrêtée depuis quelques heures, par la police camerounaise sur ordre de l’ambassade du Tchad au Cameroun pour cause de “Trouble à l’Ordre public”, indique nos sources. «  Votre sœur camarade Daipah Oualoumi est arrêtée au Cameroun sous ordre de l’ambassadeur du Tchad », lit-on sur sa page Facebook. Une alerte lancée il y a près de 12 heures au moment où nous mettons en ligne cet article.

Panafricaniste et révolutionnaire tchadienne, très fan de Nathalie Yamb Franklin Nyamsi et de Kemi Seba.  Cette activiste du web est connue pour ses apparitions sur TikTok où elle dénonce la mauvaise gouvernance et la présence française au Tchad. Ces derniers jours, elle n’arrête pas d’envoyer des pics au pouvoir de transition et appelle à la conscientisation de la jeunesse tchadienne. « Celui qui laisse sa dignité au détriment du pouvoir ne mérite pas nos acclamations. Cas de Succès Masra vis à vis des victimes du 20 octobre. Celui qui arrache le pouvoir d’une manière barbare et compte encore régner comme dans un pays sans loi ne mérite pas notre soutien. « Cas de Mahamat Kaka », a-t-elle écrit sur Facebook. Ou encore : « C’est dommage d’avoir une jeunesse endommagée par le système foutu de nos gouvernements et qui croit qu’elle fera mieux. » « Ce que je crains, c’est le pire dans l’avenir. S’il faut désenclaver les mentalités, c’est maintenant. »

Le 20 avril 2021, le jeune général Mahamat Idriss Déby Itno était proclamé par l’armée président de transition à la tête d’une junte, après la mort de son père, Idriss Déby Itno, qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis 30 ans.

Il promettait de rendre le pouvoir aux civils par des élections « libres » après une transition de 18 mois. Mais, 18 mois plus tard, en octobre 2022, il la prolongeait de deux ans. Le 20 du même mois, des milliers de Tchadiens descendaient dans la rue pour protester faisant face à une barbarie inouïe de l’armée. Le pouvoir a reconnu la mort d’une cinquantaine de personnes, mais bien plus ont péri, selon les ONG et l’opposition. Plusieurs années après cette répression meurtrière, l’opposition et la société civile sont encore la cible des tueries, des arrestations, intimidations et menaces.

Mimi Mefo Info – Une étudiante tchadienne

Joseph Essama

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