Cameroon

Valère Bessala dévoile un projet radical pour sortir le Cameroun de 43 ans de médiocrité

Dans une interview choc accordée à l’émission “2025 RDV” sur Canal 2, Valère Bessala, candidat à la présidentielle sous la bannière de JOUVENCE, a exposé sa vision pour “sauver” le Cameroun. Un programme qui se veut une rupture totale avec les méthodes du régime actuel, mêlant mesures autoritaires, réforme éducative profonde et souveraineté économique radicale.

Le candidat part d’un diagnostic sévère : “Nous sommes supposés être émergents en 2035, mais aujourd’hui, le pays stagne dans le marasme”. Pour lui, le DSCE (Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi) lancé en 2011 n’a tenu ses promesses que jusqu’en 2018. “Il faut rattraper ces 14 années perdues en faisant des ‘bouchés doubles'”, assène-t-il, promettant une cure d’austérité sans précédent.

Une société camerounaise à “reformater”

La proposition la plus polémique ? Un vaste programme de “formatage” des Camerounais. “Le Camerounais a été éduqué au désordre et à l’indiscipline. Il faudra aligner tout le monde… avec un peu de dictature”, lâche-t-il, préconisant :

  • Une année de service militaire obligatoire après le bac
  • Une spécialisation précoce dès la 6ème (avec des écoles de médecine pour collégiens)
  • Un “juge capital” pour prononcer des peines exemplaires

L’administrateur plaide pour une rupture économique brutale :

  • Nationalisation des “sociétés stratégiques”
  • Actionnariat populaire (“un Camerounais, une entreprise”)
  • Interdiction pure et simple des importations de riz et de blé
  • Promotion des substituts locaux (pain de manioc ou de patate)

“Pourquoi importer du riz alors qu’il pousse ici ? Ceux qui nous dirigent ont préféré accorder des exonérations aux importateurs”, dénonce-t-il.

Le projet prévoit une refonte totale du système pénal :

  • Travaux forcés pour les petits délits (3 jours de TIG pour un feu rouge brûlé)
  • Transformation des prisons en centres de production (“Un prisonnier doit travailler pour mériter son repas”)

“La prison ne doit pas être une consommatrice de nos revenus. Si un promoteur a besoin de manœuvres, on lui fournit des détenus”, explique-t-il sans ambages.

Le spectre des 43 années Biya

Ces propositions radicales s’inscrivent en réaction à l’échec patent du long règne de Paul Biya (1982-2025). Malgré des discours volontaristes (“Grandes ambitions”, “Cameroun émergent”), le bilan est accablant :

  • Corruption endémique
  • Infrastructures délabrées
  • Système éducatif et sanitaire en crise
  • Chômage massif des jeunes
  • Recul sur tous les indices de développement

“Le président a engagé un pourrissement du pays par son laisser-faire”, accuse Bessala, promettant de “couper des têtes” pour redresser la barre.

Ce programme de Valère Bessala ultra-autoritaire séduit une frange de la jeunesse excédée par l’immobilisme, mais effraie les défenseurs des libertés. Reste à savoir si les Camerounais, assoiffés de changement après 43 ans de biyaïsme, sont prêts à troquer leurs libertés contre la promesse d’un ordre nouveau.

Gilles Noubissi

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