Face à une série d’agressions violentes perpétrées contre des citoyens accusés de “vol de sexe”, l’autorité administrative du département du Mfoundi est montée au créneau. Par un communiqué officiel en date du 10 juin 2025, le préfet Djikdent Emmanuel Mariel a fermement dénoncé ces actes de vindicte populaire, qualifiés de “criminalité d’un autre genre”.
Ces dernières semaines, plusieurs habitants de Yaoundé ont été victimes d’agressions, parfois mortelles, après avoir été accusés par des tiers d’avoir fait disparaître mystérieusement l’appareil génital de leurs semblables. Une rumeur ancienne, nourrie par la superstition et la méconnaissance scientifique, revient ainsi hanter l’espace public, avec des conséquences dramatiques.
Selon les conclusions des enquêtes menées par les services de police et de gendarmerie sur trois cas récents, aucune des prétendues victimes de vol de sexe n’a effectivement subi de mutilation ou de disparition d’organes. Les rapports médicaux ont confirmé que les organes sexuels étaient bel et bien présents, alors même que certains plaignants exigeaient déjà une compensation financière de la part des accusés.

Le préfet a dénoncé “des manipulations sordides” ayant conduit à des passages à tabac injustifiés, parfois mortels, et appelé à la fin de cette “barbarie”. Il a averti que tous les auteurs, instigateurs ou complices de ces lynchages seraient désormais traduits devant les juridictions compétentes.
L’administration départementale invite par ailleurs la population à faire preuve de vigilance et à signaler sans délai toute personne se livrant à ce genre d’accusation ou incitant à la violence collective. L’objectif affiché est clair : restaurer la paix sociale et garantir la protection des citoyens contre ces dérives dangereuses.
