Au Cameroun, le ton monte à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Sur sa page Facebook, l’artiste et rappeur Xzafrane a adressé un message frontal au président Paul Biya, lui rappelant, s’il entend briguer un nouveau mandat, les exigences d’un peuple lassé des campagnes par procuration et des mascarades électorales. Dans un ton direct, il exige du chef de l’État une campagne transparente, menée en personne, sans détournement des moyens de l’État.

Le rappeur ne laisse place à aucune ambiguïté : si Paul Biya doit à nouveau solliciter les suffrages des Camerounais, il devra parcourir les dix régions, affronter ses adversaires dans des débats publics et présenter lui-même son projet politique. « Le peuple veut vous entendre, vous voir, vous confronter. Ce qui n’est que normal dans une campagne », écrit-il, réclamant aussi la fin de l’usage abusif des ressources publiques pour des fins partisanes.
Au-delà de l’interpellation adressée au président, Xzafrane souligne l’attente forte d’élections libres, transparentes et crédibles. Il appelle à tourner définitivement la page des « magouilles » électorales et des résultats fabriqués en coulisses. « Le résultat final doit refléter la vérité des urnes, pas celle des coulisses », martèle-t-il, en écho au sentiment d’exaspération grandissant dans l’opinion.
Dans un contexte où le silence de Paul Biya entretient toutes les spéculations, cette sortie d’un artiste engagé illustre l’impatience d’une jeunesse qui refuse désormais la politique à l’ancienne. En guise d’avertissement, Xzafrane conclut : « Si vous ne pouvez pas le faire, sachez que nous avons le droit de vous dire : #dégagez. » Une parole libre qui résonne, à l’heure où l’avenir du pays reste suspendu à une déclaration officielle de candidature.