Le soleil tape fort sur la petite ville de Figuil, nichée dans les collines du Nord-Cameroun. Mais en ce jeudi, c’est une chaleur d’un autre type qui règne : celle de l’effervescence. Une foule dense se presse aux abords de la cimenterie locale, drapeaux à la main, dans l’attente d’un événement historique. Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Joseph Dion Ngute, est là, porteur d’un message solennel du Chef de l’État, Paul Biya. Il vient inaugurer, au nom de la nation, une nouvelle ligne de production de ciment et de clinker, censée redonner un souffle à l’économie locale et alléger le quotidien des bâtisseurs du Cameroun.
Objectif : 1 000 tonnes de ciment par jour.
Un pari industriel ambitieux, taillé pour répondre à la demande croissante du marché national. Cette ligne, flambant neuve, permettra désormais à l’usine de Figuil de produire jusqu’à 1 000 tonnes par jour, soit un bond significatif dans la capacité nationale. Un geste fort dans un pays où les chantiers pullulent, des villes aux campagnes, mais où le coût du ciment reste un frein pour beaucoup.
“Ce que nous attendons maintenant, c’est que le prix baisse. Il faut que même l’homme de la rue puisse construire sa maison,” glisse un habitant de Figuil, visiblement ému par l’événement.
Une cérémonie de prestige… et de symboles
Le décor est solennel. Drapé aux couleurs nationales, le site de la cimenterie accueille une brochette impressionnante d’invités : membres du gouvernement, représentants du corps diplomatique, parlementaires, magistrats municipaux, autorités administratives, traditionnelles et locales. Tous réunis pour saluer un pas de plus vers l’industrialisation de la région du Nord et la réduction des importations coûteuses de clinker.
Prenant la parole, le Premier Ministre a salué “la vision du Chef de l’État de faire du Cameroun un pays résolument tourné vers la transformation locale de ses ressources”. Il a surtout insisté sur l’impact social que cette nouvelle unité pourrait avoir, non seulement en matière d’emplois, mais aussi de pouvoir d’achat.
Le vœu des populations : un ciment accessible à tous
Si l’événement est un motif de fierté pour Figuil et toute la région du Nord, il porte aussi l’espoir d’un changement concret dans la vie des citoyens. Dans la foule, nombreux sont ceux qui expriment un souhait unanime : des prix plus abordables. Dans une conjoncture économique tendue, le sac de ciment reste un luxe pour des milliers de familles qui rêvent de bâtir un toit décent.
“Nous ne voulons pas que cela reste un progrès pour les grandes entreprises seulement. Il faut que nous aussi, petits maçons, familles modestes, ayons accès à ce ciment,” s’exclame un artisan venu de Guider.
Un défi pour demain
Avec cette nouvelle ligne, l’usine de Figuil s’affirme comme un acteur stratégique du développement régional. Mais l’équation économique reste complète : production accrue ne signifie pas automatiquement baisse des prix. Pour que cette avancée technique se traduise en amélioration réelle pour les citoyens, les décideurs devront accompagner cette dynamique par une politique tarifaire inclusive et un soutien au commerce local.
En attendant, Figuil rayonne. Entre la solennité des discours, les danses traditionnelles et les visages souriants, le Nord a célébré non seulement une inauguration, mais aussi l’espoir de bâtir mieux, et pour moins cher.
