Alors que le Collectif Sylvain Souop annonçait il y a quelques jours la libération des militants interpellés lors du retour au pays de Maurice Kamto, un nouveau rebondissement vient assombrir ce tableau : Rodrigue Mopouong, responsable des questions électorales au sein de la fédération communale du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à Mfou, serait toujours détenu dans des conditions jugées illégales par ses défenseurs.
Selon une alerte rendue publique ce vendredi 13 juin par le Collectif, Me Hippolyte B.T. Meli affirme que M. Mopouong a été discrètement arrêté le lundi 9 juin 2025 par des éléments de la Sécurité Militaire (SEMIL), avant d’être transféré vers le Service central des recherches judiciaires (SCRJ) du Secrétariat d’État à la Défense (SED), où il se trouverait toujours.
Ce qui inquiète les avocats et militants des droits de l’homme, ce n’est pas seulement le caractère discret de l’arrestation, mais surtout la durée et les modalités de la détention. À ce jour, l’homme n’aurait toujours pas été présenté à un juge, et aurait été interrogé sans la présence de ses avocats, en dépit de ses demandes répétées. Un traitement que le Collectif qualifie de « détention incommunicado », en violation flagrante des garanties fondamentales prévues par la loi.
Si les faits précis reprochés à Rodrigue Mopouong restent à éclaircir, plusieurs sources proches du dossier suggèrent que son activité récente sur les réseaux sociaux pourrait être à l’origine de son interpellation. En l’absence de communication officielle des autorités compétentes, cette hypothèse reste cependant difficile à confirmer de manière indépendante.
Les juristes du Collectif rappellent que toute personne interpellée doit, conformément à la législation camerounaise et aux conventions internationales ratifiées par le Cameroun, être présentée devant une autorité judiciaire dans un délai raisonnable. « Plus de 100 heures de garde à vue sans contrôle judiciaire, sans mandat, sans avocat… Cela s’apparente à une dérive grave ».
Cette nouvelle arrestation intervient dans un contexte politique tendu, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2025. Le retour de Maurice Kamto sur le territoire national, les 8 et 9 juin derniers, avait déjà donné lieu à une série d’interpellations qualifiées d’« arbitraires » par le collectif.
Le MRC et ses avocats promettent de ne pas relâcher la pression. « L’opinion publique sera informée au fur et à mesure de l’évolution de ce dossier », a indiqué Me Meli dans le communiqué.

