À Bertoua, les autorités ont promis 490 millions FCFA pour indemniser les habitants affectés par l’agrandissement de l’aéroport. Le préfet du Lom-et-Djerem, Nkwedi Simon Ndoh, a rencontré les populations des quartiers Aviation et Mboutoutou afin de détailler les modalités de compensation. Selon la Cameroon Civil Aviation Authority (CCAA), une première enveloppe de 200 millions sera débloquée dès cette année, tandis qu’une seconde tranche prévue pour 2026 devrait couvrir les pertes agricoles.
Mais au-delà des chiffres, de nombreuses zones d’ombre subsistent. L’inscription des bénéficiaires et les pièces justificatives exigées suscitent déjà des inquiétudes dans les quartiers concernés, où certains redoutent que les indemnisations profitent davantage aux intermédiaires qu’aux véritables victimes du projet. Le scepticisme est d’autant plus fort que plusieurs habitants dénoncent la lenteur du chantier : annoncé depuis 2022, le projet peine toujours à se concrétiser sur le terrain.
L’enjeu, pourtant, est majeur. L’aéroport de Bertoua, jugé trop exigu, doit être modernisé pour soutenir l’interconnexion régionale et donner un souffle nouveau à l’économie de l’Est. L’opération s’inscrit dans un programme prioritaire de 72 milliards FCFA visant également la réhabilitation des aéroports de Kribi et Tiko. Officiellement, les travaux lancés en mode de maîtrise d’ouvrage publique devaient démarrer en 2024 et s’achever en 2027. Or, trois ans après les instructions présidentielles, les engins se font toujours attendre.
Cette situation alimente un sentiment de lassitude et de méfiance : pour les riverains, la promesse d’indemnisation sonne comme un geste tardif, qui ne garantit en rien la bonne exécution du chantier. Entre annonces officielles et réalité du terrain, l’extension de l’aéroport de Bertoua illustre une nouvelle fois les difficultés chroniques des grands projets publics camerounais : budgets annoncés en grande pompe, mais retards et incertitudes pour les populations directement concernées.

