Les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique (INS) révèlent une hausse de 6,3 % des prix sortie-usine au premier trimestre 2025, une augmentation qui alimente directement l’inflation déjà ressentie par les ménages. Tirée par l’agroalimentaire (+4 %) et les industries métallurgiques (+5,3 %), cette poussée des coûts de production confirme une tendance lourde : la hausse des charges des entreprises finit inévitablement dans les poches des consommateurs.
Malgré un recul du rythme de l’inflation par rapport à 2024, le taux reste préoccupant. À 4,1 % sur le premier semestre, il dépasse toujours le seuil de tolérance fixé à 3 % dans la zone Cemac. Concrètement, cette situation signifie que les Camerounais continuent de payer leurs denrées alimentaires, leurs biens de consommation et leurs services plus cher, alors même que le pouvoir d’achat reste atone.
Le gouvernement assure vouloir ramener l’inflation à 4 % d’ici la fin de l’année. Mais cet objectif apparaît fragile face aux risques identifiés : nouvelles hausses des prix de l’énergie, réformes fiscales aux effets encore incertains et turbulences géopolitiques mondiales. En clair, les autorités promettent un cap, sans garantir de véritables mécanismes de protection des ménages les plus vulnérables.
Derrière les pourcentages, c’est donc une réalité sociale qui s’impose : l’inflation n’est pas une abstraction statistique, mais une érosion concrète du quotidien des Camerounais. Tant que la hausse des coûts industriels sera mécaniquement répercutée sur le consommateur final, toute annonce de maîtrise des prix restera davantage un vœu pieux qu’une perspective tangible.

