Scandale au commissariat central N°1 de Yaoundé. Dix personnes, interpellées lors de l’audience du contentieux préélectoral, sont toujours derrière les barreaux faute d’avoir pu s’acquitter d’un versement de 25 000 FCFA exigé par des éléments de cette unité. Selon plusieurs témoignages, ce paiement conditionnerait leur libération, en violation flagrante de la loi et des droits fondamentaux.
Les justifications avancées par certains responsables laissent pantois. Une source policière affirme que cette somme servirait à réparer un appareil endommagé pendant la détention des mis en cause. D’autres sources, moins officielles, confient au contraire que cette pratique n’a rien d’exceptionnel : il s’agirait d’un “tarif” imposé systématiquement par certains policiers à chaque détenu avant toute remise en liberté.
Au-delà de l’anecdote, ce cas présente un mal bien plus profond : la monétisation illégale de la détention, symptomatique de la corruption qui mine les services publics. Dans un contexte aussi sensible que celui des échéances électorales, de tels abus fragilisent davantage la confiance déjà vacillante des citoyens envers les institutions chargées de garantir la sécurité et la justice.
Ces pratiques interpellent directement la hiérarchie policière et le ministère de la Sécurité, qui ne peuvent continuer à fermer les yeux. Tant que les mécanismes de reddition des comptes resteront inexistants, les commissariats risquent de se transformer en guichets de rançon, où la liberté des citoyens se négocie au prix fort. Une dérive inquiétante, qui appelle des mesures urgentes et exemplaires.

