À partir de ce 18 novembre 2025, le ministère du Commerce lance à Yaoundé (puis dans tout le pays) une vaste opération de ventes promotionnelles destinée à casser la spirale spéculative qui agite les marchés camerounais depuis les tensions post-électorales. Installées au Boulevard du 20-Mai jusqu’au 10 janvier 2026 et déclinées en caravanes dans les régions, ces ventes visent à sécuriser l’approvisionnement en produits de grande consommation et à rétablir une certaine discipline tarifaire à l’approche des fêtes de fin d’année, période de forte pression sur les ménages.

Cette initiative intervient alors que les contestations consécutives à la présidentielle du 12 octobre ont perturbé plusieurs chaînes d’approvisionnement, offrant un terrain fertile aux hausses opportunistes. Dans une correspondance adressée aux supermarchés, le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana a d’ailleurs dénoncé des « hausses abusives » appliquées en profitant du climat politique. Les consommateurs ont rapporté des variations soudaines de 10 à 25 % sur des produits courants (huiles, pâtes, riz, sucre, conserves) tandis que certains marchés affichaient des prix record, comme le kilogramme de viande bovine à 5 000 FCFA. Même des denrées issues du septentrion, telles que l’oignon, ont subi une spéculation alimentée par les troubles locaux.
Face à ces dérives, les brigades de contrôle du ministère ont été déployées en urgence. Leur présence, combinée au retour au calme observé depuis une semaine, a permis de freiner les pratiques tarifaires douteuses dans plusieurs points de vente. Mais cette accalmie reste fragile : sans mesures incitatives pour renforcer l’offre et améliorer la disponibilité des stocks, les prix pourraient de nouveau s’emballer à l’approche du pic de consommation de décembre.
C’est précisément ce que cherchent à prévenir ces ventes promotionnelles, présentées comme un outil conjoncturel contre la spéculation. En augmentant la visibilité des prix et en élargissant l’offre à travers les caravanes, le gouvernement espère créer un effet d’équilibre dans les marchés. Reste une question cruciale : l’initiative sera-t-elle suffisante sans une logistique fluide, une coordination serrée avec les distributeurs et un contrôle rigoureux pour éviter les détournements ou la revente à la sauvette ? C’est de cette capacité d’exécution que dépendra, in fine, le pouvoir réel de ces opérations sur le panier de la ménagère.