Cameroon

Convoqué à la police judiciaire, le journaliste Aboudi Ottou est libre

Le coordonnateur de l’agence Ecofin Cameroun a été convoqué suite à une plainte d’un chef d’entreprise qui lui reproche d’avoir manipulé l’opinion. Des accusations fallacieuses qui viennent aggraver la situation de la liberté de la presse au Cameroun.

Le journaliste Aboudi Ottou a répondu présent à la convocation de la police judiciaire ce mardi. En présence de ses deux avocats, il s’y est présenté en mi-matinée. Au sortir de son audition il a lui même fait le compte rendu. “J’ai déféré ce matin à une convocation de la Direction de la police judiciaire. À la suite d’une plainte de AWANA Ateba Henri, PDG de Enangue Holding Sarl. Ce dernier me reproche en gros d’avoir manipulé l’opinion nationale et internationale et d’avoir mis à mal les relations diplomatiques entre le Cameroun et la Russie à la suite de l’article ci-dessous.

Mon audition qui a duré près de deux heures (entre 11 heures et 13 heures) a été menée dans une ambiance cordiale. L’essentiel de l’interrogatoire visait à savoir qui à « commander » mon article et auprès de qui j’ai obtenu mes informations. Vous pouvez deviner les réponses que j’ai apportées à ces questions. À la fin de l’audition, je suis reparti libre. .. L’enquête se poursuit. J’espère continuer de bénéficier de votre solidarité.
Infiniment merci à tous !”, a-t-il écrit.

S’il est vrai que la plaignant ne conteste rien de spécifique dans le contenu de l’article querellé, l’on se demande aussi avec quoi le plaignant a mesuré la manipulation de l’opinion et la mise à mal des relations diplomatiques entre le Cameroun et la Russie.


Pour plusieurs observateurs, cette convocation rentre tout simplement en droite ligne avec les intimidations quasi- systématique envers les journalistes au Cameroun.
Depuis le début de cette année au moins deux journalistes ont été assassinés au Cameroun. Martinez Zogo, ainsi que Ola Bébé avaient été tués dans des conditions troubles.
En plus des journalistes assassinés, plusieurs dizaines ont été convoqués à la police pour des motifs fallacieux. Parmi eux: Xavier Messe, directeur de publication de Le Calame, Boney Philippe, directeur de la télévision Vision 4 , Jean-Bruno Tagne de Naja TV, Zephirin Koloko etc…

Reporters sans frontières classe le Cameroun au 138e rang de son classement mondial sur la liberté de la presse . Le classement dévoilé 3 mai indique que le Cameroun a perdu près de 20 places comparativement à l’année précédente.

Patrick Noah

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