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COP 27: Le Cameroun sans voix

Alors qu’on entre à la deuxième semaine des débats sur le climat à Sham El Sheikh, il va revenir aux ministres de prendre la parole et de faire le compte rendu de la première semaine qui a été consacrée aux négociations.

Le Cameroun sera certainement absent, car à ce jour, l’on est toujours en attente d’un chef de délégation officiel. L’ouverture officielle de la Cop 27, que beaucoup ont tôt fait de baptiser Cop africaine, après celle de Marrakech au Maroc en 2016, à vu la participation d’environ 140 chefs d’Etat et de gouvernement. Ils se sont exprimés des le lundi 07 novembre, dans la ville balnéaire de Sham El Sheikh, pour renforcer leurs engagements climatiques, face à un réchauffement qui s’emballe et apporter un soutien financier aux pays pauvres qui en souffrent le plus.

Parmi eux, de nombreux africains à l’instar de Macky Sall du Sénégal, Ali Bongo, du Gabon, William Ruto, du Kenya Faustina Archange Touadera de la RCA, où Nana Akufo Ado, du Ghana. Mais également des premiers ministres ou des ministres tout au moins.

Une présence à elle seule qui montre clairement l’importance accordée par l’Afrique aujourd’hui à ce drame humanitaire que constitue le réchauffement climatique.Les dirigeants africains ont appelé les pays responsables de ces émissions historiques, les pays développés, à assumer leurs responsabilités en versant les financements promis aux pays africains depuis Copenhague, en passant par Paris et Glasgow.Malheureusement, dans ce plaidoyer africain, le Cameroun est complètement transparent.

Après son absence lors de la semaine d’avant Cop de discussion sur les positions et les propositions à adopter par le groupe Afrique, les membres de sa délégation sont arrivés en compte goutte et de façon éparse à Sham El Sheikh, attendant éventuellement l’arrivée d’un chef de délégation. L’on est partis de supputations en supputations, annonçant au départ l’arrivée du premier ministre Dion Ngute, ensuite le ministre des relations extérieures, Lejeune Mballa Mballa, le ministre délégué au ministère en charge de l’environnement, Nana Aboubakar Djalloh, et même l’ambassadeur du Cameroun en Egypte, Mohamadou Labarang comme chef de délégation.

Jusqu’à ce jour, aucune délégation officielle car les autorisations de sortie et les ordres de mission n’ont pas été signés par la présidence. Las d’attendre une note de sortie officielle, l’ambassadeur du Cameroun en Egypte a préféré rentrer au Caire, où il est plus utile. L’arrivée du ministre des forêts et de la faune a semblé rassurer les uns et les autres.

Mais Jules Doret Ndongo à vite fait de rappeler qu’il est là en tant que président en exercice de la COMIFAC, et il bénéficie juste d’une permission verbale du secrétaire général de la présidence de la République. Du coup, personne n’arrive à parler véritablement  au nom du Cameroun. Une délégation sans domicile fixePour en rajouter au désespoir de la délégation camerounaise sans tête de proue à la Cop 27, il est à noter qu’il n’existe aucun stand du pays.

La délégation se retrouve à errer quand elle ne squatte pas dans les stands des pays voisins. Les personnels des ministères en charge des finances, de la forêt, de l’environnement ; ceux de l’observatoire national sur les changements climatiques, du port autonome de Douala, sont obligés d’aller s’aglutiner au stand de la COMIFAC, sous l’œil moqueur des 11 autres États membres dont les stands affichent fière allure ici dans le centre des conférences de Sham El Sheikh.

Le point focal changement climatique au ministère en charge de l’environnement Timothée Kagonbe, se dit déçu de voir qu’au fil des Cop, les choses ne s’améliorent pas car le pays a toujours été sens stand. Pourtant, le secrétaire général du ministère des finances Gilbert Didier Edoa qui suit activement les questions sur la finance climatique depuis la Cop 26 à Glasgow en Ecosse, affirme qu’un dossier financier en vue de l’obtention d’u’ stand à Sham El Sheikh a bel et bien été signé pour un accord par le ministre Louis Paul Motaze.

Une situation qui denote d’une désinvolture extrême dans la participation du Cameroun à la Cop 27, comme à toutes les Cop précédentes, mais aussi d’un manque de préparation et de cohésion entre les différentes administrations qui prennent part à ces travaux sur le climat mondial.

Source : Mutations du 14 novembre 2022

Mimi Mefo Info

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