Le secteur forestier camerounais vacille. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS), les exportations de bois (qu’il soit brut ou transformé) ont chuté brutalement au premier trimestre 2025, provoquant un manque à gagner estimé à près de 20 milliards de FCFA par rapport à la même période en 2024. Le segment des ouvrages en bois est le plus touché : ses recettes passent de 54 à 44 milliards de FCFA, tandis que le bois scié recule de 39 à 31 milliards, confirmant une contraction générale des volumes et des revenus dans une filière jadis considérée comme l’un des piliers de l’économie nationale.
Derrière ces chiffres, un mal plus profond se dessine : une fiscalité devenue insoutenable. En l’espace de sept ans, le droit de sortie sur les grumes est passé de 17,5 % à 75 % de la valeur FOB, soit une hausse vertigineuse de plus de 350 %. Le phénomène n’épargne pas les produits de première transformation, comme le bois scié, dont la taxation à l’exportation a bondi de 165 % entre 2016 et 2023, selon le Groupement de la Filière Bois du Cameroun (GFBC). Résultat : les entreprises du secteur sont prises en étau entre la chute de la demande internationale, l’inflation des coûts logistiques et la pression fiscale nationale, au point de menacer la survie de nombreux exploitants.
La situation devient d’autant plus paradoxale que certaines branches, comme celle des feuilles de placage, affichent des volumes stables – environ 11 000 tonnes exportées – mais voient leurs recettes s’effondrer à 3 milliards de FCFA. Autrement dit, les producteurs exportent autant, mais gagnent moins. Cette érosion de la valeur à l’export illustre la perte de compétitivité du bois camerounais sur les marchés internationaux, alors que la transformation locale reste encore embryonnaire et que plus de 80 % du marché intérieur demeure dominé par l’informel, échappant ainsi à toute régulation fiable.
Quelques signaux timides laissent entrevoir un possible redressement : l’INS note qu’au deuxième trimestre 2025, la hausse des exportations de bois scié a contribué à atténuer la baisse générale des recettes nationales (-23,3 %). Mais pour nombre d’acteurs du secteur, ce sursaut ne suffira pas à inverser la tendance sans une réforme en profondeur. Tant que la fiscalité continuera d’étrangler la compétitivité du bois camerounais, le pays risque de voir s’effriter l’un de ses derniers bastions industriels, au profit de ses voisins mieux armés pour séduire les marchés mondiaux.
The arrest of three teenagers in Yaoundé over alleged threats made on TikTok has reopened…
By Njoh Linda Prof. Bell Bitjoka, a Cameroonian cybercrime specialist and digital forensics expert, has…
Une décision administrative annoncée dans l’arrondissement de Douala 1er est à l’origine d’une montée de…
By Marie N Carnu The Council of Traditional Chiefs of the West Region of Cameroon…
Bamenda-Born, Pharmacist, Licensed Real Estate Broker, Entrepreneur and human rights advocate, Dr. Emmanuel Nji Tita,…
By Tata Mbunwe The newly installed Regional Delegate for Elections Cameroon (Elecam) in the South…