Ce que beaucoup qualifiaient de “Fake news” est confirmé. Le Collège des Mbombog traverse une zone de turbulence. Réunis à Botmakak le dimanche 31 août 2025, les gardiens de cette institution traditionnelle ont pris des décisions radicales à l’issue d’une session exceptionnelle convoquée par Mbombog Mandeng Ma Biboum. Plusieurs personnalités influentes du Mbog ont été radiées ou suspendues pour de graves manquements. En tête de liste figure Mbombog Yegba Yegba Ntep Libii Dieudonné, jusqu’ici Coordonnateur du Mbog. Il lui est reproché d’avoir rompu son serment en mêlant ses fonctions à des activités politiques.

Déjà en juillet dernier, Dieudonné Yegba avait déposé sa candidature pour l’élection présidentielle en tant que prétendu candidat du MANIDEM, alors que le parti avait déjà un candidat officiel, Maurice Kamto. Il s’était également présenté comme président du MANIDEM, bien qu’il n’ait plus exercé cette fonction depuis 2018. Ce dépôt de candidature avait provoqué le rejet de toutes les candidatures portant le nom du MANIDEM, malgré le contentieux préélectoral où les avocats de Maurice Kamto avaient apporté des preuves de l’invalidité de l’action de Dieudonné Yegba. Selon plusieurs analystes politiques, cette manœuvre aurait été commandée par le régime en place dans le seul but d’empêcher la candidature de Maurice Kamto.
Sanction immédiate : Dieudonné Yegba est radié de toutes responsabilités et interdit d’exercer toute activité liée au Mbog pour une durée de 15 ans, une mesure qui marque un tournant historique pour l’institution.
La vague d’exclusions ne s’arrête pas là. Douze autres dignitaires, parmi lesquels Mbombog Nsoa, Mbombog Ton Manguelle, Mbombog Yegba Bingan ou encore Mbombog Billong, ont été sanctionnés pour « faute lourde dans l’exercice de leurs fonctions, non-respect du code de déontologie du Mbog et trahison envers le peuple ». Tous sont bannis de toute activité liée au Mbog pendant 12 ans.
Ces sanctions, d’une sévérité inédite, soulignent l’importance accordée par le Collège des Mbombog à la loyauté, à la discipline et au respect du serment traditionnel. Mais elles mettent aussi en lumière une crise interne qui risque d’ébranler la cohésion et l’autorité de cette institution séculaire, au moment où la société camerounaise interroge plus que jamais ses repères culturels et politiques.

