La polémique enfle autour de la convocation du corps électoral pour les élections régionales prévues le 30 novembre 2025. L’entrepreneure et militante Rebecca Enonchong a vivement dénoncé ce qu’elle qualifie de “tricherie manifeste” du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), accusé d’avoir repoussé les municipales pour ensuite convoquer des régionales où seuls les conseillers municipaux au mandat expiré seront appelés à voter. Pour elle, la manœuvre vise clairement à empêcher “un parti politique en particulier” d’obtenir des élus régionaux.
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Rebecca Enonchong rappelle que les autorités avaient justifié le report des municipales par l’impossibilité d’organiser deux scrutins la même année. Elle s’interroge alors sur la logique qui consiste à maintenir les régionales en fin d’année, au détriment du renouvellement du corps électoral local. “Vous trichez trop !”, s’indigne-t-elle, voyant dans cette décision une stratégie politique destinée à verrouiller l’accès aux instances régionales.
Au-delà de la dénonciation, l’activiste numérique critique également l’utilité même des conseils régionaux, qualifiés de “budgétivores et inutiles”. Elle promet que, tôt ou tard, un changement politique mettra fin à ces institutions, perçues comme un alourdissement de l’appareil administratif plutôt qu’un outil réel de décentralisation. Son discours fait écho aux frustrations d’une partie de l’opinion qui voit dans la décentralisation camerounaise une réforme inachevée, confisquée par le parti au pouvoir.
Ces accusations interviennent dans un climat politique déjà marqué par la méfiance et la contestation des règles du jeu électoral. À moins de trois mois des régionales, les critiques sur la crédibilité du processus risquent de renforcer le sentiment de défiance des électeurs. La sortie de Rebecca Enonchong illustre, une fois de plus, la fracture grandissante entre les institutions et une société civile qui réclame plus de transparence, de légitimité et de véritable démocratie locale.

