Un coup de filet retentissant de la gendarmerie nationale a conduit au démantèlement, ce lundi 8 juin 2026, d’une usine clandestine de fabrication de fausses pièces de monnaie dissimulée dans un entrepôt du quartier Nkolbong, lieu-dit Entrée Chama, dans l’arrondissement de Douala III. L’opération, conduite par la Compagnie de gendarmerie de Douala I, a abouti à l’arrestation d’un ressortissant chinois identifié comme le cerveau de l’organisation.

Tout commence le samedi 6 juin, au quartier Akwa, où un informateur signale aux gendarmes la présence d’un individu suspect tentant de vendre des fausses pièces de monnaie. Interpellé, cet homme, prénommé Awa, livre sous interrogatoire des informations qui permettent aux enquêteurs de remonter la filière. Une seconde opération ciblée conduit à l’arrestation d’un autre écouleur, un certain Jian, dont la coopération avec les forces de l’ordre permet finalement de localiser et d’identifier le fabricant lui-même : Wang Jianling, ressortissant chinois, installé dans un entrepôt soigneusement camouflé.
Pour tromper la vigilance de tout visiteur, Wang Jianling avait pris soin de dissimuler son atelier de contrefaçon derrière un conditionnement en sacs d’enduit, un matériau de construction courant. C’est l’instinct d’un gendarme, refusant de se laisser abuser par ce camouflage, qui permet la découverte d’une petite unité de production équipée de machines importées de Chine, spécialement conçues pour la frappe de fausses pièces.

Un stock colossal saisi
Le bilan de la perquisition dépasse les attentes. Les enquêteurs ont mis la main sur une centaine de cartons contenant chacun 2 325 pièces fausses de 500 francs CFA, soit un total d’environ 232 500 unités prêtes à l’estampillage, représentant une valeur nominale approximative de 1 162 000 francs CFA pour les seules pièces déjà frappées. Mais c’est surtout le stock de métal brut, évalué à environ 270 milliards de francs CFA en potentiel de frappe, qui illustre l’ampleur industrielle de l’opération. À cela s’ajoutent d’importantes quantités de fausses coupures en devise camerounaise, estimées à 400 000 billets en coupures diverses, ainsi que le matériel complet de production.
Selon les autorités, la seule différence visible entre les fausses pièces et les véritables pièces en circulation réside dans un numéro de série.
Le préfet du Wouri salue la synergie des forces de sécurité
Le préfet du département du Wouri, qui s’est rendu sur les lieux, a félicité la gendarmerie nationale pour cette opération et souligné l’importance de la collaboration entre les forces de maintien de l’ordre et les autorités administratives. Il a par ailleurs appelé les populations à redoubler de vigilance face à des pièces contrefaites visuellement très proches des originaux. « Notre marché local est inondé de ces fausses monnaies, et vous pouvez imaginer les conséquences que cela peut avoir sur l’économie nationale », a-t-il déclaré.
L’entrepôt a été placé sous scellés, le corps du délit saisi, et Wang Jianling placé en détention. L’enquête se poursuit.