À l’entrée Ouest de Douala, les travaux en cours au carrefour Mutzig sont présentés comme un chantier prioritaire, censé fluidifier une circulation infernale. L’entreprise, sous pression du ministère des Travaux publics, multiplie les interventions de nuit et de week-end, avec une promesse de livraison au 10 septembre 2025. Mais sur le terrain, automobilistes et riverains peinent à croire à ce calendrier, échaudés par une longue série de retards et de promesses non tenues sur d’autres projets routiers de la capitale économique.
Si la stabilisation de la dernière couche de pouzzolane marque une étape technique importante, elle ne dissipe pas les doutes. Les embouteillages persistants, les nuisances sonores nocturnes et les difficultés d’accès pour les commerçants entretiennent une colère sourde. Pour beaucoup, la multiplication des annonces officielles ressemble davantage à une communication de crise qu’à un véritable gage d’efficacité.
Le carrefour Mutzig n’est d’ailleurs qu’un symbole d’une problématique plus vaste : celle d’une ville en perpétuelle attente d’infrastructures viables, où chaque chantier devient une épreuve pour les habitants. Douala, moteur économique du Cameroun, reste plombée par des axes saturés et une planification urbaine souvent dépassée par la croissance démographique et la densité du trafic.
À moins de trois semaines de l’échéance fixée, l’entreprise est condamnée à réussir pour éviter que ce projet ne rejoigne la longue liste des promesses avortées. Mais déjà, une partie de l’opinion estime que le mal est plus profond : au-delà d’un carrefour, c’est toute une politique de mobilité urbaine qui reste à inventer, loin des slogans et des effets d’annonce.

