Le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) a pris, le 17 novembre 2025, deux décisions de suspension visant des responsables accusés de manquements graves à l’éthique et à la déontologie administratives. Les sanctions, signées du ministre Joseph Lé, concernent Aloys Alain Balla Balla et Marie Solange Laure Zeunang, tous deux cadres contractuels d’administration en service au sein du ministère.
Selon les documents consultés, les deux agents sont suspendus de leurs fonctions et de toutes activités professionnelles pour une durée de quatre mois. Le Minfopra leur reproche des actes de corruption et de monnayage de services, des pratiques qui, si elles étaient avérées, constitueraient de graves violations des règles de probité et d’intégrité au sein de l’administration publique camerounaise.
Conformément aux décisions ministérielles, les deux responsables ne percevront ni solde ni accessoires de solde pendant la durée de leur suspension. Seules les prestations pour charges familiales pourraient éventuellement être maintenues, comme le prévoient les textes en vigueur en cas de suspension disciplinaire.
Cette mesure, particulièrement sévère, traduit la volonté affichée du ministère de sévir contre les dérives internes qui nuisent à la crédibilité du service public et alimentent la défiance des usagers. Le Minfopra, régulièrement interpellé sur la persistance de pratiques tarifées dans plusieurs de ses services, semble vouloir réaffirmer le principe de tolérance zéro face aux comportements frauduleux.
Les décisions stipulent que le Directeur des affaires générales ainsi que le Chef de la division de la discipline et du contentieux sont chargés de leur mise en application. Elles doivent être enregistrées et publiées « partout où besoin sera », comme l’exige la procédure administrative pour les actes ayant un impact sur le fonctionnement des services.
Ces suspensions interviennent dans un contexte où les pouvoirs publics multiplient les discours en faveur de l’assainissement de l’administration, alors que les plaintes pour lenteurs, favoritisme et corruption demeurent fréquentes dans plusieurs administrations clés.
Si les documents ne précisent pas si des poursuites judiciaires ou de nouvelles procédures disciplinaires pourraient suivre, ces suspensions constituent un signal fort envoyé non seulement aux agents du Minfopra, mais aussi à l’ensemble des personnels de la fonction publique.
Elles rappellent que les engagements pris dans les textes fondateurs (Constitution, Code du travail, décrets organisant le gouvernement) ne sauraient rester théoriques, surtout dans un ministère en première ligne sur les questions de moralisation de la vie publique.
Il restera désormais à observer si ces mesures s’inscrivent dans une démarche plus globale d’assainissement ou si elles demeurent des actions isolées dans une administration où la lutte contre la corruption reste un défi permanent.
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