À trois mois de l’élection du président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), prévue en novembre, la contestation monte dans les rangs du football amateur. L’Association des Clubs de Football Amateur du Cameroun (ACFAC) accuse l’instance dirigeante de manœuvrer un « pseudo processus électoral » via les ligues départementales et régionales, en violation des textes en vigueur, et dénonce l’exclusion arbitraire de nombreux clubs et acteurs.

Dans un communiqué ferme, l’ACFAC interpelle autant les acteurs du football que l’opinion publique nationale et internationale. Selon elle, le calendrier et les modalités actuelles du scrutin seraient taillés sur mesure pour verrouiller le jeu électoral, écartant de fait plusieurs voix représentatives du football de base. Cette prise de position relance le débat sur la gouvernance interne de la FECAFOOT, déjà secouée ces dernières années par des crises à répétition.
Les critiques des clubs amateurs ne sont pas nouvelles : depuis plusieurs mandats, ils réclament une réforme en profondeur du mode de désignation des dirigeants, accusant la fédération de marginaliser les acteurs locaux au profit d’intérêts centralisés et politiques. La dénonciation de ce « passage en force » illustre un fossé grandissant entre la base et l’exécutif fédéral, fossé qui risque d’empoisonner le climat préélectoral.

À l’approche de cette échéance importante, l’affaire met une nouvelle fois en lumière les tensions chroniques qui gangrènent le football camerounais. Si la FECAFOOT persiste dans ce schéma, elle pourrait s’exposer à des recours juridiques et à une perte supplémentaire de crédibilité auprès des instances sportives internationales. Dans un pays où le football reste un puissant vecteur d’unité nationale, cette bataille électorale pourrait bien se transformer en un match à hauts risques, sur et en dehors du terrain.