Pour Olivier Bilé et son mouvement, l’Alliance pour la Transition Politique (ATP), la messe est dite : le scrutin présidentiel du 12 octobre ne changera rien au sort du Cameroun. Plutôt que de faire acte de présence dans ce qu’il qualifie de « théâtre électoral », le leader des « transitistes » préfère s’en tenir à sa ligne : pas de candidat, pas de participation, mais l’exigence d’une véritable transition politique comme unique issue à la crise du régime.
À ses yeux, la réélection programmée de Paul Biya ne fait aucun doute et ne ferait que précipiter un peu plus le pays vers l’effondrement. Un mandat supplémentaire, prévient-il, mènera inexorablement le Cameroun à l’impasse d’ici 2032, dans un contexte où l’État est dirigé « par procuration » et où toute perspective démocratique semble annihilée par le verrouillage du système.
Ce retrait assumé vient rappeler le positionnement constant d’Olivier Bilé : aucune élection ne peut être libre, juste et crédible tant que les fondations mêmes du système politique ne sont pas repensées. À la place, il défend l’idée d’une transition adossée à des mécanismes de justice, seule à même, selon lui, de restaurer l’espérance d’une démocratie véritable.
En refusant de légitimer un processus qu’il juge biaisé, l’ATP campe sur une posture radicale. Mais dans un paysage politique fragmenté, cette voix trouvera-t-elle un véritable écho ou s’éteindra-t-elle dans l’indifférence d’une opposition éclatée ?

