Les fils et filles de l'ouest fustigent les élites locales et appellent à la rupture avec le régime Biya
Dans un mémorandum d’une rare virulence, rendu public sous le sceau des « Enfants de l’Ouest Cameroun », un collectif de citoyens accuse frontalement les élites politiques et économiques de la région d’avoir trahi leur peuple en pactisant avec le régime de Paul Biya. Au-delà des griefs contre leurs propres responsables, les signataires dressent un tableau accablant d’un Cameroun à genoux, victime d’un pouvoir qui a méthodiquement détruit ses espoirs de développement et brisé ses institutions.
Le document dénonce une élite jugée complice du pillage et de la misère qui gangrènent le pays. De Marcel Niat Njifenji à Ketcha Courtès, en passant par Sylvestre Ngouchinghe ou encore Emmanuel Chatue, les noms sont cités sans détour, accusés d’avoir troqué l’honneur et l’avenir de la région contre des postes, des avantages personnels et des complicités avec un pouvoir corrompu. Les griefs sont précis : clientélisme, fraude électorale, mépris des populations rurales, détournement des fruits du travail paysan et trahison des aspirations populaires.
Au-delà de la seule région de l’Ouest, ce cri de colère embrasse l’ensemble du Cameroun, dénonçant le délabrement des infrastructures, l’effondrement des services publics, la précarité grandissante, la justice instrumentalisée et les guerres entretenues à des fins politiques. « Le Cameroun est devenu un pays pauvre très endetté sous Biya », martèlent les auteurs, qui refusent que les maigres réussites locales masquent l’ampleur du naufrage national.
Enfin, ce mémorandum est un appel à la résistance et à l’action citoyenne, invitant les populations à rejeter ces élites dévoyées, à défendre chaque bulletin de vote, à refuser la misère imposée et à reprendre leur destin en main. « L’heure est venue de dire non à la trahison et d’écrire une autre page de l’histoire », conclut le texte, qui résonne comme un avertissement politique autant qu’une déclaration de rupture.
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