Cameroon

Les varitables raisons du meeting de Paris organisé par le MRC

C’est depuis la capitale française que le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a choisi de lancer les premières manœuvres de sa campagne électorale en vue de la présidentielle de 2025. Un choix loin d’être anodin, porté à la fois par des considérations logistiques, symboliques et politiques, comme l’a expliqué ce dimanche sur Canal 2 International Cheikh Ali, cadre du parti et proche collaborateur de Maurice Kamto.

« Les Camerounais de la diaspora sont aussi des électeurs », a-t-il rappelé d’emblée, relevant l’importance stratégique de cette « onzième région » du pays, selon le surnom affectueux que le parti attribue aux expatriés camerounais. Mais au-delà du clin d’œil fraternel, le MRC justifie ce choix par une planification rigoureuse : une fois la campagne officiellement enclenchée au Cameroun, ses équipes devront parcourir les quelque 360 communes du territoire national. « Il fallait commencer là où c’est possible maintenant, sans empiéter sur les contraintes à venir », a ajouté Cheikh Ali.

Mais l’aspect logistique n’est qu’une facette d’un message plus profond. Pour le MRC, la diaspora n’est pas une simple réserve de voix, mais une composante essentielle du combat politique mené ces dernières années. « Une bonne partie de ces Camerounais sont en exil, qu’il soit politique ou économique. Nous avions le devoir de leur signifier qu’ils comptent, qu’ils ne sont pas oubliés », a-t-il insisté. Le parti dit vouloir replacer cette communauté au cœur de ses préoccupations.

L’intervention a aussi été l’occasion pour le MRC d’exprimer sa reconnaissance envers cette diaspora qui, selon ses responsables, a joué un rôle déterminant dans les moments les plus sombres de son histoire récente. Cheikh Ali a notamment évoqué l’arrestation de Maurice Kamto en 2019, ainsi que celle de plusieurs militants, dont Célestin Djamen, à la suite des marches pacifiques réprimées de septembre 2020. « C’est grâce à la diaspora que nombre de nos compagnons ont pu être soignés, défendus et soutenus », a-t-il tenu à rappeler.

En choisissant Paris pour entamer cette nouvelle phase de sa mobilisation, le MRC envoie donc un double message : un geste politique en direction de ses militants et sympathisants de l’extérieur et un signal de gratitude à ceux qui, de loin, continuent de peser sur les dynamiques politiques nationales.

Alors que les échéances électorales approchent à grands pas, ce coup d’envoi à l’international montre aussi de l’ambition du parti de Maurice Kamto : fédérer toutes les énergies, d’ici comme d’ailleurs, pour porter son projet de changement au Cameroun.

Gilles Noubissi

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