Cameroon

Maurice Kamto ouvre le front juridique contre le flou électoral

À moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025, Maurice Kamto, candidat déjà déclaré, engage le bras de fer. Ce 14 juillet, ses avocats ont saisi le Conseil Constitutionnel pour contester la régularité du processus électoral en cours. Au cœur du recours : l’absence d’un corps électoral clairement identifié et certifié, malgré le décret présidentiel du 11 juillet dernier convoquant les électeurs. Une faille que le camp Kamto dénonce comme une menace grave à la sincérité du scrutin et aux droits des électeurs.

Le MRC traîne Elecam à la cour suprême

Le Collectif Sylvain Souop, par la voix de Me Hippolyte B.T Meli, pointe du doigt le flou entretenu par Elecam. D’un côté, le Directeur Général de l’organe électoral a reconnu le 10 juillet que le toilettage des listes électorales n’est pas encore achevé ; de l’autre, le président de la République a d’ores et déjà convoqué le corps électoral. Dans ces conditions, s’interroge l’opposition, quel fichier est censé faire foi ? Celui des inscrits à date ou celui, plus crédible, qui aurait dû être validé après contrôle contradictoire ? En l’absence de réponse claire, le MRC demande au Conseil Constitutionnel de forcer la régularisation du processus.

Le camp Kamto ne s’arrête pas là. Un second recours a été déposé ce matin, cette fois devant la justice civile allemande, à Munich, contre VERIDOS & DEVRIENT-GIESECKE, le partenaire technique d’Elecam. Les plaignants, dont le Pr Alain Fogué Tedom, exigent que l’entreprise se désengage de toute responsabilité dans d’éventuelles fraudes et rendent publiques les listes électorales via son site internet, une obligation légale selon eux que bafoue Elecam. À travers cette action, le MRC entend mettre la pression sur l’ensemble de la chaîne de production des documents électoraux.

Cette offensive judiciaire marque un tournant : Maurice Kamto entend visiblement poser le débat de la transparence électorale avant même le lancement officiel de la campagne. Pour l’heure, l’opinion attendra les réponses du Conseil Constitutionnel et du partenaire technique allemand, dans un climat où la suspicion semble déjà prendre le pas sur la confiance.

Gilles Noubissi

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