À trois semaines du scrutin présidentiel prévu le 12 octobre, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a réuni ce lundi les autorités administratives de la région de l’Est dans les services du gouverneur. Objectif affiché : dresser l’état des lieux sécuritaire et électoral dans une zone stratégique, frontalière et marquée par des défis particuliers.

Au centre des discussions, la sécurité, considérée comme un préalable au bon déroulement des opérations de vote. La région de l’Est, ouverte sur plusieurs frontières et traversée par des flux migratoires, demeure sensible à l’instabilité sous-régionale. Le ministre a insisté sur la nécessité d’une vigilance renforcée et d’une coordination stricte entre les forces de défense et les autorités locales afin de prévenir tout incident.
L’autre volet de la réunion portait sur l’organisation matérielle du scrutin. Paul Atanga Nji a rappelé aux sous-préfets, préfets et autres responsables administratifs leur obligation d’« accompagner » Elections Cameroon (ELECAM), organe théoriquement indépendant mais régulièrement accusé de manquer de neutralité. En filigrane, la rencontre illustre une ambiguïté persistante : jusqu’où l’administration territoriale peut-elle intervenir sans empiéter sur les prérogatives d’ELECAM ?
Si le discours officiel met en avant la préparation technique et logistique, les observateurs relèvent surtout l’absence d’un débat sur les conditions réelles d’équité et de transparence du processus. Dans une région où l’abstention et la méfiance électorale restent fortes, la réunion de l’Est apparaît autant comme un exercice de communication que comme une véritable évaluation.
