Prorogation du Mandat des Députés au Cameroun : Violation de la Constitution ou Manœuvre Politique?

Le député Jean Michel Nintcheu a récemment exprimé des préoccupations concernant la prorogation du mandat des députés au Cameroun, qualifiant cette action de “malhonnête et inopportune” et soulignant des incohérences dans les justifications avancées par le régime en place. Selon lui, cette prorogation, qui prolonge le mandat des députés jusqu’au 30 mars 2026, est une tentative de manipulation politicienne et révèle l’incompétence du régime RDPC sur plusieurs plans.

Violation de la Constitution:

Nintcheu souligne que la prorogation du mandat des députés est contraire à l’article 15 (4) de la Constitution, qui exige une “crise grave, ou lorsque les circonstances l’exigent” pour une telle prorogation. Il remet en question la légitimité de cette action et met en lumière les conséquences de cette violation de la loi fondamentale du pays. Plus loin , le président du FCC affirme que “Au fur et à mesure qu’approche l’échéance présidentielle de 2025, il se montre incapable de dissimuler sa panique quant à la perspective d’affronter Maurice KAMTO, le candidat du MRC et de l’APC.”

Incohérences dans les Justifications:

Le député conteste également les justifications avancées par le pouvoir en place, notamment en ce qui concerne la prétendue nécessité d’alléger le calendrier électoral de 2025. Il souligne que les élections prévues pour cette année-là étaient déjà connues depuis les élections précédentes et que le régime avait l’obligation juridique et le devoir politique de prendre toutes les dispositions nécessaires pour les organiser. De plus, il remet en question l’argument financier avancé par le RDPC, soulignant que la prorogation du mandat des députés entraînera des coûts supplémentaires, alors qu’un délai plus long entre les scrutins pourrait être avantageux en termes de gestion financière. “Depuis l’élection présidentielle de 2018 et les élections législatives et municipales de 2020, le pouvoir-RDPC sait parfaitement que toutes les élections invoquées auront lieu e 2025. Il avait l’obligation juridique et le devoir politique de prendre toutes les dispositions humaines et financières pour les organiser, sauf à avouer, comme il le fait piteusement, son incompétence et son incapacité à gérer le pays. Tant d’autres pays africains, qui ne sont pas plus nantis que le Cameroun organisent plusieurs élections au cours de la même années.”

Réponse du Peuple:

Nintcheu appelle les Camerounais à s’inscrire massivement sur les listes électorales malgré les obstacles, afin de faire entendre leur voix et de participer activement au processus électoral. Il affirme que le peuple est prêt à affronter le régime actuel sur le terrain juridique et sur tout autre terrain qu’il aura choisi, exprimant ainsi une détermination à défendre les principes démocratiques et à exercer ses droits civiques.

Gilles Noubissie

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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