Les enseignants du supérieur au Cameroun menacent d’entrer en grève illimitée à partir du 6 octobre, excédés par le non-paiement de la prime d’excellence du second trimestre, initialement prévue en juin. Cette prime, instaurée par le président Paul Biya pour récompenser le mérite académique et valoriser les grades universitaires, est devenue source de frustration et de colère dans le corps enseignant, qui s’interroge déjà sur le sort de celle attendue en septembre.

Derrière ce retard se cache une gestion jugée opaque par de nombreux enseignants. Selon leurs témoignages, le ministère de l’Enseignement supérieur ne verse qu’une partie de ces primes à un petit nombre de bénéficiaires, dans ce qui apparaît comme une stratégie destinée à calmer les tensions sans résoudre le problème de fond. Mais cette pratique, longtemps tolérée, est aujourd’hui perçue comme une véritable injustice qui alimente un sentiment de mépris institutionnel.
Pour les enseignants, la situation n’est pas seulement une question de rémunération, mais aussi de respect de la parole donnée par l’État. Ils rappellent que cette prime, loin d’être un privilège, constitue un droit acquis censé reconnaître leurs sacrifices dans un contexte où les universités manquent déjà cruellement de moyens. Or, l’absence de transparence et la lenteur des versements traduisent, selon eux, un dysfonctionnement inquiétant de la gouvernance universitaire.
En annonçant une grève illimitée, les enseignants veulent non seulement exiger le paiement immédiat de leurs primes, mais aussi pousser les autorités à clarifier la gestion d’un fonds qui devait initialement servir à motiver l’excellence académique. Si rien n’est fait d’ici octobre, le système universitaire camerounais risque d’être paralysé, au détriment des étudiants et de la crédibilité même de l’enseignement supérieur.

