Face à la polémique grandissante autour d’un virement de fonds en 2023 sur le compte personnel de Samuel Eto’o, en lien avec le match amical Cameroun–Russie, la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) a convoqué en urgence ce lundi une session de son Comité exécutif, présidée par Céline Eko, vice-présidente de l’institution. Objectif : rétablir les faits, défendre l’intégrité du président et annoncer des mesures fermes contre ce qu’elle qualifie désormais d’attaques coordonnées visant à nuire à la réputation de la FECAFOOT.
La crise trouve son origine dans la divulgation récente de documents bancaires par des lanceurs d’alerte sur les réseaux sociaux, relayés ensuite par plusieurs médias. Ces documents montrent que les fonds versés par la partie russe en prélude à la rencontre amicale Cameroun–Russie ont transité par le compte personnel de Samuel Eto’o, et non par celui de la FECAFOOT. Une situation qui a immédiatement fait naître des soupçons de détournement et de gestion opaque, alimentant une vive controverse en ligne.
En réponse, le Comité exécutif affirme que la transaction s’est déroulée en toute transparence et que les décisions relatives à la gestion de ces fonds ont été collectivement prises lors des réunions du comité d’urgence, avec l’accord des vice-présidents. L’utilisation du compte personnel du président aurait été, selon eux, une mesure provisoire et circonstanciée, dans un contexte jugé particulier. La FECAFOOT insiste sur le fait que les fonds ont bien été utilisés dans l’intérêt exclusif de la fédération et que les textes régissant son fonctionnement ont été respectés.
Mais au-delà de ces justifications, la fédération entend désormais passer à l’offensive. Elle annonce l’ouverture de poursuites judiciaires contre toute personne accusée de porter atteinte à son image ou à celle de son président à travers des propos jugés diffamatoires. « La récréation est terminée », prévient le communiqué final. Une déclaration qui, si elle traduit une volonté de fermeté, risque aussi d’être perçue comme une tentative de museler les critiques, dans un contexte où la demande de transparence dans la gestion du football camerounais est plus forte que jamais.

